La France rance

mercredi 4 juin 2014

Depuis des mois, on assiste à une droitisation de la société. Les expressions les plus flagrantes ont été les manifestations contre le « Mariage pour tous » suivies des attaques contre les soi-disant théories du genre, les attaques contre le droit du travail (ANI, retraites, austérité et coupes budgétaires dans la fonction publique et dans les comptes sociaux) et contre les étrangers (sans-papiers, Rroms,…).

 Famille

Au nom de la protection de la famille et de l’enfant, on a vu se dresser la frange la plus réactionnaire des religieux (essentiellement catholiques), plus ou moins ouvertement acoquinée avec l’extrême-droite la plus rance, soudain unis contre un texte qui ne les prive de rien, puisqu’il étend l’égalité des droits au mariage aux couples de même sexe. Accusant le gouvernement de « familiaphobie », ils ont réussi à le faire reculer sur un texte « famille » assez consensuel, mais plus grave, sur l’accès à la Procréation Médicalement Assistée aux couples de femmes. Toujours s’appuyant sur la défense des enfants (les mêmes « défenseurs des enfants » sont étrangement muets face aux crimes pédophiles de l’Eglise), ils ont brandi une « théorie du genre », directement issue de leurs fantasmes homophobes, amalgamant et mentant, jusqu’à la tristement fameuse « journée de retrait » ; l’école maternelle de la République y est ni plus ni moins accusée d’apprendre la masturbation aux enfants, à l’aide de peluches. Ces fanatiques lobotomisés tirent leurs délires de l’extrême-droite antisémite. Un fanatisme qui va très loin, puisqu’une collègue a pu être mise nommément en cause sur une vidéo diffusée sur internet. Si l’administration a légitimement soutenu les enseignants, on déplorera la couardise du gouvernement, qui à l’exception de Christiane Taubira, s’est tu devant la bête immonde.

 Travail

A peine élu, le nouveau président a poursuivi la politique précédente, l’accentuant même, reniant toutes ses promesses et déclarations de campagne. Il se plie à toutes les exigences de la Commission Européenne, des agences (privées) de notation, du MEDEF, avec le soutien actif de certains syndicats qui ont fait le choix, depuis plusieurs décennies, d’une cogestion libérale aveugle et irresponsable. C’est ainsi qu’ont été aggravées les attaques contre les régimes sociaux (retraites, chômage, santé, emploi public…), contre le code du travail (toujours plus de droits pour les patrons, toujours moins pour les salariés), entrainant une hausse du chômage, de la précarité, de la flexibilité et de la misère. Et ce n’est pas le choix d’un nouveau Premier Ministre, le leader de l’aile droite du PS, qui va inverser la tendance, bien au contraire : travail du dimanche en passe de se généraliser, attaque sur les minimums horaires et salariaux… le pire est à venir pour les salariés, condamnés à payer la crise de la finance.

 Patrie

La xénophobie et le racisme ne s’expriment plus seulement au café du commerce : ils sont institutionnalisés par les politiques eux-mêmes, par le vote pour des partis ouvertement xénophobes, par les médias qui leurs tendent des micros complaisants. La désignation du bouc émissaire est publique et assumée : il faut dénoncer ces étrangers « qui n’ont pas vocation à s’intégrer ». Les pires amalgames sont permis, associant tel ou tel groupe à la délinquance, au fanatisme ou à la barbarie. Paroles et actes libérés par les sordides « débats sur l’identité nationale », à tous les étages de la société, du ministre au citoyen lambda, qui exprime son rejet de l’autre dans les tribunes du stade, dans les urnes, dans la rue, en famille, conforté par des médias et des élites plus en recherche d’audience que de vérité.

 Capitalisme vs Commun

Or la famille traditionnelle, le travail et la patrie sont les piliers du capitalisme. C’est par ces trois outils là qu’il peut mettre la main sur le bien commun, les capitaliser et asseoir ses droits de possession au détriment de la majorité. Comme il y a un intégrisme religieux, il y a un intégrisme capitaliste qui s’exprime à travers tous ces reculs de nos droits, vers plus d’accaparation du commun par une minorité au détriment de tous. Véritables symboles de ce qu’est le bien commun, on voit la privatisation du vivant et de la nature (brevet sur des semences, confiscation de l’eau, des matières premières…), de l’espace public (jardins publics, forêts, voies de communication…) mais aussi des service publics. Au cœur des services publics, il y a nous, l’Education Nationale. On nous avait promis le changement, la refondation. Loin de tout cela, la dégradation du service public d’éducation se poursuit. C’est la défondation, avant la privatisation.

On ne peut plus se contenter aujourd’hui des grèves « traditionnelles » d’un jour, certes utiles, mais non suffisantes. Nous ne vaincrons pas si nous ne nous réapproprions pas nos biens communs, et en premier lieu, l’éducation pour tous. Il faut un large mouvement social pour redéfinir ce qui est commun et inappropriable, ce qui doit être notre bien patrimonial universel à transmettre aux générations futures. Refusons la logique du repli sur soi, déployons le « nous, ensemble ». Soyons Solidaires.


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