Numérique : fin ou moyens ?

mardi 7 octobre 2014

Le 2 septembre dernier, le président de la République lançait un énième « grand plan numérique » pour l’Éducation Nationale. La ministre de l’Éducation Nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a notamment promis que les collégiens bénéficieraient d’une tablette afin d’alléger un cartable trop lourd : « À partir de la rentrée 2016, tous les collégiens –en l’occurrence, on commencera par les classes de 5e– auront et travailleront sur des tablettes numériques. »

Pour quoi faire ?

Une question cruciale se pose sur l’utilisation de ces crédits (plusieurs milliards) : les élèves ont-ils besoin d’une tablette supplémentaire ou d’un véritable enseignement de l’informatique, qui leur donne les clés pour comprendre le monde dans lequel ils vivent et vivront. Comme l’enseignement que suivent, depuis plusieurs années déjà, leurs camarades bavarois, estoniens, suisses, lituaniens, néerlandais, et bientôt anglais, finlandais ou coréens. C’est ce que recommande l’Académie des sciences, c’est ce que recommande la Société informatique de France, c’est ce que recommande le Conseil supérieur des programmes, c’est ce que recommande le Conseil national du numérique.

Une tablette ne peut pas se concevoir uniquement comme un substitut du livre, à seule fin d’alléger le cartable des élèves. Equiper massivement les élèves sans les former à l’informatique n’a été proposé par aucun analyste sérieux : aucune évaluation n’a jamais montré que cette mesure avait un impact positif sur la formation des élèves ; seule l’économie des pays producteurs de ces équipements en tire bénéfice. Par contre, ça fait un bon reportage au JT…

Priorité à la formation des enseignants

Former les enseignants dans le primaire et recruter des enseignants dans le secondaire semble être une décision plus efficace en terme de formation des élèves : actuellement, ces derniers ne sont plus des utilisateurs passifs d’une informatique presse-bouton ludique sans être non plus des acteurs suffisamment avertis de l’outil informatique et de son fonctionnement. Une telle politique permet en outre une véritable promotion du logiciel libre. Mais l’impact médiatique est évidemment moindre pour un gouvernement en mal de popularité.

1 milliard d’euros, par exemple, c’est 2500 professeurs d’informatique pendant 10 ans. C’est aussi dix millions d’heures de formation continue et donc la possibilité de former à la fois les professeurs du primaire et du secondaire ! De quoi offrir un enseignement de qualité dans toutes les écoles, tous les collèges et tous les lycées français.


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