C’est arrivé près de chez nous ... Le paritarisme tel qu’il se pratique

mardi 7 octobre 2014

Mouvement mouvementé

Depuis quelques années, le mouvement, c’est devenu compliqué ! Logiquement, c’est simple : des barèmes, des voeux, des postes, un logiciel qui mouline, et une CAPD   pour pondérer les quelques erreurs de l’administration ou défendre des situations particulières des personnels. L’administration proposait aux syndicats un document issu du premier « moulinage » du logiciel, document relativement fiable, qui préfigurait bien le mouvement à venir, et qui avait même permis, l’an dernier, à l’administration d’envoyer leurs affectations aux personnels, sur IProf, avant la CAPD  . C’est dire en quelle estime l’administration tient le paritarisme et le travail des syndicats…

Mais … cette année l’administration a dû retarder plusieurs fois les commissions et les résultats du mouvement, ne donnant qu’au dernier moment les documents de travail aux syndicats, affectant de nombreux personnels après la date des vacances, en particuliers les jeunes stagiaires. La cause en est la « réforme » des rythmes scolaires : l’administration a donné tant de dérogations que pratiquement chaque commune, chaque école a un rythme particulier ; il en est résulté un affreux casse-tête (pour rester poli) pour affecter les compléments de services, les décharges, les temps partiels, les remplaçants sur des emplois du temps compatibles avec le service des enseignants et la multitude d’horaires d’écoles.

Carte scolaire d’austérité

Le mouvement est la suite de la carte scolaire. La carte scolaire se joue de plus en plus à court terme : aucune vision d’ensemble, aucune politique à long terme. La règle est simple : combien de postes à fermer, qui doit-on fermer pour ouvrir ailleurs ? Les directeurs doivent remplir des tonnes d’enquêtes de suivis d’effectifs tout au long de l’année. Une situation d’école peut se jouer sur un déménagement d’une famille entre janvier et juin, fermant ou ouvrant une classe. Puis la DASEN   sort sa calculette, divise le nombre d’enfants inscrits (sauf les 2 ans) par le nombre de classes et tout se joue au dixième d’élève. Quitte à s’asseoir cyniquement sur des situations critiques, comme les CLIS   qui dépassent 12 élèves. « Les textes prévoient le nombre maximal d’élèves présents dans la classe, pas le nombre d’inscrits » répond l’administration. Les collègues apprécieront le mépris.

Il en résulte au niveau des écoles un esprit du chacun pour soi : tant pis si une ouverture dans une école entraine une fermeture à côté et des classes surchargées. Adieu la solidarité… Les parents d’élèves qui sauront se mobiliser et médiatiser leur revendication (ouverture, non fermeture) se font rouler dans la farine par des bouts de postes provisoires, retirés l’année suivante pour satisfaire d’autres mécontents ailleurs. Des mi-temps baladeurs qui dégradent les conditions de travail de collègues souvent jeunes, servent à boucher des trous, à assurer des cours d’anglais, sans reconnaissance, sans espoir d’avoir sa propre classe. Un autre seuil a été franchi cette année avec l’attribution d’un tiers-temps à une école ! Et puis quoi l’année prochaine ? On détaille à l’heure ?

Ça suffit !

SUD   éducation dénonce les dérives de cette gestion de l’éducation comme une entreprise qui gère ses stocks à flux tendu. Les équipes d’enseignants, formées par le hasard du mouvement et sommées de travailler ensemble, sans tenir compte des individus, des pédagogies, des projets, ne doivent pas être traitées ainsi. Cette façon de « manager » a fait ses preuves à France-télécom ; non merci, nous n’en voulons pas ! Assez de dégradations de nos conditions de travail !


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