Livret scolaire du lycée : la sécurité en défaut !

mardi 4 novembre 2014

Un futur…

Le 13 octobre 2014 un arrêté du MEN va révolutionner le livret scolaire des lycéens. Cet arrêté autorise la création d’un « Livret scolaire du lycée » (LSL), c’est à-dire dématérialisé, consultable sur Internet. Dans un premier temps, il concernera uniquement les élèves de la série sciences et technologies de la santé et du social (ST2S), et s’appliquera dans environ 60 lycées des académies de Besançon, Reims, Rennes et Toulouse.

Ce LSL pourra être consulté par l’élève, ses parents, les personnels de l’Éducation nationale habilités, et les jurys du bac. Il contiendra, outre les différentes données nominatives du lycéen, les moyennes trimestrielles et annuelles pour chaque matière, les appréciations, la mention de la délivrance du B2I, l’avis de l’équipe pédagogique, les éventuelles sanctions disciplinaires, etc.

…antérieur !

Mais le ministère, toujours aussi peu tatillon sur les textes quand il s’agit de lui-même, n’a pas attendu la publication de cet arrêté pour mettre en place cette expérimentation, débutée en classe de première pour l’année scolaire 2013-2014. Autrement dit, le dispositif a été appliqué sans aucun cadre juridique, notamment sans visa de la CNIL.

La CNIL, bon enfant, ne s’est cependant pas vexée. Pourtant, elle n’a pu examiner « ni le téléservice permettant aux élèves et parents de consulter le livret ni le module permettant au jury d’accéder aux livrets non nominatifs. ». Assez embarrassée, dans un jargon très diplomatique, la CNIL « ne peut ni se prononcer sur la conformité du traitement vis-à-vis de l’article 34 de la loi « Informatique et libertés », ni proposer de mesures précises ». C’est pour le moins gênant… et inquiétant !

Sécurité ?

La CNIL a tout de même mis en garde l’Éducation nationale sur le niveau de sécurité du LSL et souhaite être reconsultée en cas de généralisation. A l’heure où la ministre et le président chantent en choeur les vertus du numérique, on peut s’interroger sur la légèreté et l’amateurisme des procédures. On a encore en mémoire les déclarations de matamore du ministère sur Base Elèves (qui lui aussi avait fait l’objet d’une déclaration tardive à la CNIL) et la sécurité du logiciel, facilement craqué peu après par quelques enseignants bretons.

Il est indispensable que la sécurité des données de cet outil essentiel du lycée, et pour les élèves et pour les enseignants et les jurys, soit sans failles. Or aucun système ne l’est ; il y a donc fort à craindre que, grâce aux apprentis sorciers numériques du ministère, le contenu des livrets scolaires des élèves et les décisions des jurys se promènent un jour sur les réseaux sociaux…


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