Le ministère du démantèlement spécialisé

mardi 4 novembre 2014

Le Ministère nous ressort son jargon technocratique en cette rentrée, pour l’Education Spécialisée : les « vieilles structures » (SEGPA, CLIS, EREA) doivent « évoluer en dispositifs innovants ».

Une école inclusive...

Alors que l’Education Nationale scolarise un nombre d’élèves à handicap en hausse de 10% par an, ce à la hauteur du retard qu’elle a accumulé ces dernières années, le Ministère ne répond qu’en décrétant l’accueil de ces élèves dans des classes générales à moyens constants et dans une totale inadéquation des moyens aux ambitions.

Les enseignants à l’oeuvre dans ces structures sont issus du premier degré (PE), de l’enseignement professionnel (PLP) ou des collèges et lycées (PCL), et ils ont fait un choix ou été amenés à le faire sur la base d’une spécialisation et d’un diplôme reconnu. Concrètement, beaucoup sont aussi des employés précaires recrutés sans formation ni qualification.

Telle est la voie que le ministère se prépare à suivre, alors qu’il pouvait se donner les moyens de parvenir à l’inclusion pour les élèves handicapés grâce à une école répondant à la diversité des situations, à partir d’engagements sérieux en formation initiale et continue, de moyens supplémentaires.

... mais sans moyens Le choix de la soumission aux objectifs d’austérité a prévalu, comme le révèle le plan testé dans l’académie de Grenoble :
- remplacement des SEGPA par un dispositif où tous les élèves de CM2 seront orientés en 6ème ordinaire, sans aucun moyen spécifique et sans traitement possible de la grande difficulté scolaire
- remplacement des enseignants-éducateurs en EREA par des assistants d’éducation (AED) ni formés ni qualifiés, aux contrats extrêmement précaires.
- intégration des RASED au sein d’un Pôle Ressource de circonscription où les personnels interviendront sur un secteur élargi au niveau des écoles et des enseignants, où l’aide directe aux élèves sera amoindrie + suppressions de postes par non-renouvellement de départs à la retraite.

... est une escroquerie !

Baptiser « inclusive » une telle réorientation des moyens est une escroquerie intellectuelle totale. Appeler à l’accueil de tous dans les classes générales, qui ont déjà leurs logiques d’exclusions sous-jacentes, relève d’une application entêtée du principe archaïque d’indifférence aux différences dans les conditions d’apprentissage.

En faisant porter aux enseignants et aux travailleurs précaires sous-payés et sous-formés la responsabilité des échecs programmés, l’Education Nationale fait sciemment le sacrifice de ses objectifs de lutte contre le handicap scolaire !

Pour SUD éducation, aucun projet n’est crédible sans certaines conditions :
- du temps en classe avec leurs enseignants, du temps commun avec les élèves de leur âge, une inclusion progressive appuyée sur des objectifs pédagogiques clairs,
- réduction des effectifs par classe, avec des plafonds nationaux définis selon les niveaux,
- titularisation et formation des accompagnants sans conditions de concours ni de nationalité,
- amélioration de la formation et des conditions de travail des enseignants spécialisés, avec alignement du temps de service des PE sur celui des certifiés à 18h devant élèves, arrêt de l’envoi de PE contre leur gré dans l’aide au handicap.

Nous réaffirmons le droit pour tous les élèves d’être accueillis par des équipes stables d’enseignants qualifiés, conformément aux choix des familles et aux notifications de la MDPH.


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