Asile, c’est un droit !

jeudi 10 septembre 2015

Journal septembre 2015

Ils étaient 11 et lui du haut de ses 3 ans n’avait jamais connu autre chose que la guerre. Avait-il peur en montant sur la petite embarcation ? Prenait-il cela pour un jeu ? Riait-il ou était-il endormi dans les bras de sa mère ? Ils se sont repartis les coquilles de noix laissées par ce passeur de mort. Cinq sur l’une. Six sur l’autre. Lui et ses chaussures bleues étaient parmi les six quand le bateau a commencé à couler. Il était seul quand il s’est noyé. Seul quand il mort. Sur la plage il semblait endormi. Comme nous. Mais lui ne se réveillera pas. Comment pourrions nous, en tant que citoyens vivant en France, comment pourrions nous oublier ces milliers de femmes, d’hommes et d’enfants qui ont perdu la vie en Méditerranée ces derniers temps alors qu’ils tentaient de gagner l’Europe.

L’hécatombe des migrants en mer ne date pas d’hier. On ne compte plus le nombre de victimes depuis le début de ce siècle ; il est énorme : les réseaux mafieux ont recours à des cargos ou des chalutiers au rebut qui, surchargés comme ils le sont, deviennent quasiment en perdition dès leur départ.

Des discours simplistes et démagogiques

Au Nord, en Europe, le discours dominant est des plus simples : la responsabilité de ces morts incombe aux « passeurs », assez scandaleusement assimilés, au passage, par François Hollande à des « terroristes ». Ce discours ne sert qu’à camoufler la responsabilité réelle de l’Union Européenne, de ses institutions et des États qui la composent dont la France. Ce discours vise à éviter un examen critique de la politique anti migratoire qui assassine.
C’est l’Europe qui a radicalement restreint le nombre de visas et qui bafoue le droit d’asile.
C’est l’Europe qui a joué et qui continue à jouer un rôle dans la déstabilisation politique, sociale et économique des Etats africains par le biais d’accords internationaux inéquitables…
Où est la démarche de fraternité ?
On devrait d’abord et avant tout avoir un réflexe de fraternité vis-à-vis de ces personnes qui ont quitté leur pays par nécessité. Les Syriens et les Iraquiens qui fuient la guerre et l’horreur des crimes commis par Daesh ; les Erythréens qui cherchent à échapper à une effrayante dictature ; les Somaliens n’ont plus d’Etat ; les subsahariens qui fuient massacres, famine et misère ; les raisons sont multiples mais toutes légitimes.
N’oublions pas que les pays du Nord ont de grandes responsabilités dans toutes ces situations.

Les résultats de la politique migratoire ne peuvent que susciter la colère. La France se refuse à traiter la question des migrants et des réfugiés sous un autre angle que celui d’une forteresse qui serait assiégée par des hordes d’étrangers, tout en versant de chaudes larmes sur ces pauvres victimes des passeurs. Nous n’admettons pas, en tant que citoyens européens et français, le déni d’humanité qui est en train de se produire. En France, nous exigeons du gouvernement qu’il appuie sans équivoque un accueil de ces réfugiés dans tous les pays de l’Union européenne. Nous lui demandons de prendre toute sa part, ici en France, de cet accueil, et donc d’accroître considérablement les moyens mis en œuvre.

Nous appelons toute la société civile à se mobiliser pour appuyer cette exigence et pour apporter l’aide et l’assistance nécessaire.
Nous appelons tous les hommes et femmes de bonne volonté à combattre ces discours indignes qui refusent à ces hommes, ces femmes et ces enfants leurs droits élémentaires d’êtres humains.
Ensemble, nous pouvons faire que l’intolérable cesse.

Rassemblement à Brest, Quimper
mardi 15 septembre, 18h,
à l’initiative de la Ligue de droits de l’Homme.


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