L’enseignement et la formation professionnelle confisqués par les régions ?

mardi 16 janvier 2018

L’association des Régions de France (ARF) a publié en novembre 2017 une proposition de « 18 réformes pour relever les défis de la société des compétences » où il est clairement revendiqué le contrôle de l’orientation et de l’enseignement professionnel par les différentes Régions de notre territoire.

Ainsi, en plus d’une orientation scolaire contrôlée par les régions, l’Association des Régions de France veut régionaliser l’enseignement professionnel. Elle pointe du doigt les supposées carences de l’Éducation nationale pour proposer de « confier aux régions la totalité de l’offre de formation initiale, dans les voies professionnelles et technologiques (…) pour renforcer la cohérence de l’offre de formation sur les territoires vis-à-vis des jeunes et vis-à-vis des entreprises ». Enfin, l’ARF souhaite la mise en place de stages de collégien·ne·s de 3e dans les CFA (Centre de Formation pour Adultes), la mutualisation des installations entre les LP et les CFA, la présidence des conseils d’administration des LP par des personnalités extérieures (chef d’entreprise ? Président de la chambre des métiers ?).

« Employabilité et formatage »

On constate donc toujours les mêmes arguments avancés pour que l’enseignement professionnel soit sous le diktat des entreprises. Cette vision à court terme suppose que les enseignant·e·s de LP sont là uniquement pour former (formater ?) de futurs salarié·e·s. Or, la question de « l’employabilité » des élèves, même si elle est centrale dans un contexte de chômage des jeunes, ne doit pas occulter notre rôle en tant que service public de l’Éducation nationale. En effet, le rôle des PLP est de former des jeunes capables de s’insérer dans le monde professionnel mais aussi de trouver une place dans notre société en tant que personne et en tant que citoyen·ne. Les enseignant·e·s des LP sont donc là pour faire acquérir des savoirs, des raisonnements qui permettent de mieux comprendre les autres et le monde qui nous entoure afin de ne pas simplement être des individus « employables ».

D’autre part, cette mainmise des régions sur la carte des formations risque d’entraîner des déséquilibres et des inégalités entre les territoires car elle sera pensée uniquement par rapport aux besoins des entreprises locales.
Ce serait contraire à notre rôle de service public et d’éducation à la citoyenneté (ce qui n’est pas la préoccupation des entreprises).

Quid du statut des enseignants ?

Enfin, cette régionalisation de l’enseignement professionnel peut, à plus ou moins long terme, bouleverser le statut des enseignant·e·s de LP qui ne seraient plus fonctionnaire d’État mais fonctionnaire territorial. Or nous savons bien les conséquences catastrophiques que cela provoquerait sur nos droits (Quid du recrutement ? Des mutations ? Pressions hiérarchiques multiples et donc accrues etc.)
L’enseignement professionnel ne doit pas être régionalisé, les enseignant·e·s de LP doivent garder le statut le plus protecteur, celui de fonctionnaires d’Etat.
Les élèves de LP ne doivent pas être traités comme une main d’œuvre soumise au bon vouloir des entreprises.


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