Service civique : le pire de la précarité

jeudi 13 septembre 2018

Sous prétexte de politiques sociales et aussi pour faire tenir debout l’Education Nationale pendant qu’elle enchaîne les suppressions de postes, les contrats précaires se multiplient depuis une trentaine d’années. En fait de réponse àla montée du chômage, ceux-ci n’ont abouti qu’àinstaller des milliers de collègues dans la précarité. Chaque rentrée s’annonce dans la crainte d’un non-renouvellement, de temps partiel imposé ou de salaire au-dessous du seuil de pauvreté. Alors qu’on pouvait attendre des plans de formation ambitieux, ils n’ont servi qu’àcolmater les brèches chez les personnels enseignants, administratifs et techniques dues aux choix politiques successifs et continus.

Aujourd’hui, une personne sur quatre est en contrat précaire dans l’Education Nationale !

Ca ne suffit pas pour l’actuel gouvernement. Depuis la suppression des contrats aidés l’an dernier et aussi celle de nombreux contrats AED  , la situation se durcit et des milliers de personnes se retrouvent sans revenu vivable ni perspective pendant que les personnels en place voient leur charge de travail continuer àaugmenter.

Le contrat de travail, c’est trop !

Face àla pénurie de personnel, le gouvernement présente la possibilité d’employer des Services Civiques. Làon descend d’un cran en dessous, en sachant que ces Services Civiques ne sont pas des contrats de travail et ne sont donc pas régis par le Code du Travail. Ils suivent des règles dérogatoires en termes de droit du travail : aucun droit syndical, pas de salaire mais des indemnités (inférieures à600 euros), jusqu’à48 heures par semaine de temps de travail et journées de congés payés au-dessous de la norme. Aucune formation d’adaptation àl’emploi n’est prévue et de nombreux Services Civiques sont déjàrecrutés pour remplir des missions pérennes administratives ou pédagogiques.
En clair  , le pouvoir dérèglemente et part du principe que le contrat de travail dans l’Education Nationale est de trop ! Place au précariat appelé àse généraliser.

Pour un Service Public de l’Education Nationale !

Les fiches de poste mentionnent des tâches pour lesquelles les Services Civiques devraient « coopérer  » avec des personnels enseignants, assistants d’éducation ou accompagnants d’élèves en situation de handicap. Nous n’ignorons pas que la tentation peut exister d’y recourir tant sont fortes les pressions de rentrée marquées par le manque de moyens. Pour autant, peut-on donner le change en donnant àprendre en charge des missions dévolues aux personnels d’enseignement et d’éducation par des missions de dix mois qui vont accélérer le turn-over et éloigner encore plus de l’emploi véritable nombre de personnes en difficultés ?

Nous appelons les collègues en conseil d’école et en conseil d’administration àrefuser le recours aux Services Civiques, et àexiger des postes de titulaires pour un véritable Service Public de l’Education Nationale.


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