Ecoles, collèges, lycées, universités, services, le 12 on ferme tout !

jeudi 18 octobre 2018
par  sudeducation29

Depuis la rentrée de septembre tous les personnels font, à tous les niveaux du système éducatif, le constat de la dégradation des conditions de travail et d’étude. Chaque semaine est marquée par une annonce nouvelle. Même si ce n’est pas l’avis des grands médias nous prétendons que la ligne suivie est à la fois réactionnaire et libérale et qu’elle porte en elle des dégradations majeures pour l’Ecole publique, ses élèves de la maternelle à l’université, et ses personnels. Face à cela il n’y a pas d’autre voie que l’unité d’action des personnels et de leurs organisations syndicales. Nous ne voulons pas d’une école entreprise et nous ne sommes pas des ressources humaines. • La mesure phare de l’ère Macron-Blanquer, la limitation à 12 élèves dans les classes de CP et de CE1 des zones d’éducation prioritaire est en partie assumée par les autres classes de ces mêmes écoles et par les autres écoles où les effectifs d’élèves sont à la hausse. Mais déjà le ministre prévoit de revoir à la baisse la carte de l’éducation prioritaire. • Près de 98% des enfants de trois ans sont scolarisés en maternelle mais le ministre se vante de porter l’obligation scolaire de 6 ans à 3 ans. Cela lui permet surtout de subventionner davantage l’enseignement privé puisque ses écoles maternelles relèveront désormais de l’obligation scolaire. Face à ce tour de passe-passe, au nom de la laïcité, nous continuons de revendiquer la nationalisation de l’enseignement privé et la fonctionnarisation de ses personnels.

• Le ministre met en place une nouvelle réforme du lycée alors même que la précédente n’a fait l’objet d’aucune évaluation. La réduction de la place de l’enseignement général en lycée professionnel va dans la même logique rendre impossible la poursuite d’étude pour les bacheliers professionnels. Blanquer veut promouvoir une individualisation des parcours qui fait de chaque élève un auto-entrepreneur de sa scolarité, toujours davantage responsable individuellement de ses choix, donc de ses « réussites » et aussi de ses « échecs »…

• A la rentrée universitaire, il restait 9 000 bacheliers sans affectations. Et ils étaient 40 000 sur liste d’attente et 180 000 à être sortis du dispositif en abandonnant ParcourSup. Ces candidats se sont résignés et ont renoncé aux études supérieures, ou sont allés remplir les caisses de l’enseignement privé véritable gagnant de l’opération. Nous n’acceptons pas que les lycéens se retrouvent enfermés dans une orientation subie. Il est urgent de restaurer le droit aux étudiants d’accéder aux universités de leur choix. Cela passe par le recrutement de 60 000 personnels aux cours des dix prochaines années.

• Quand 40 000 élèves supplémentaires sont prévus dans le secondaire pour chacune des trois prochaines années, le budget 2019 prévoit 2 600 suppressions de postes dans les collèges et lycées mais dans le même temps le ministre annonce la mise en place d’une deuxième heure supplémentaire pour les enseignants. De la même manière des emplois administratifs seront supprimés quand les services croulent déjà sous la charge de travail.

• L’austérité budgétaire reste la règle. Il est donc important pour le ministre d’expliquer que les responsabilités sont celles des enseignants tout en prétendant vouloir les aider dans leurs tâches. Cette offensive idéologique contre l’Ecole, ses missions, nos statuts et contre les savoirs montre peut être un peu plus son sens quand le projet de réforme des programmes d’Histoire au lycée envisage de la disparition de l’Histoire de l’immigration…

La liquidation du service public et des statuts ? Cela dépend aussi de nous.

Le rapport CAP 2022 est le fil rouge de l’ardeur du gouvernement à vouloir casser la fonction publique et les services publics. Ses préconisations ont un seul but : baisser la dépense publique en créant « une administration plus agile, plus adaptable » c’est-à-dire débarrassée de nombre de ses missions. Le rapport propose de « confier au secteur privé une partie des tâches réalisées aujourd’hui par l’administration ». 30 milliards d’euros d’économies sont attendus. Il s’agit bien d’amputer les services publics et particulièrement l’Ecole Publique : « l’externalisation a toujours constitué l’une des manières de réaliser le service public » est-il affirmé dans ce rapport qui préconise « d’assouplir le statut pour offrir la possibilité d’évolutions différenciées, notamment des rémunérations, entre les trois fonctions publiques ». Il faut aussi « élargir le recours au contrat de droit privé comme voie normale d’accès à certaines fonctions du service public ». Quand un emploi sur cinq est occupé par un contractuel de droit public (1 280 000 sur les 5,5 millions d’emplois publics), quand le recours aux enseignants contractuels a triplé en trois ans dans le premier degré, quand l’emploi précaire est devenu un véritable mode de gestions des établissements dans le secondaire, quand la promesse d’école inclusive se développe essentiellement sur l’emploi précaire c’est bien une précarisation généralisée de l’Ecole publique et plus largement de la fonction publique qui est mise en perspective. Dans cette logique, le ministère de l’éducation nationale prévoit de « développer significativement les postes à profil ». Dans la même logique les mutations ne seront plus examinées en commission paritaire au moyen d’un barème transparent et connu de tous les personnels. Nous passerions ainsi à une mobilité sur profil avec un recrutement direct avec CV et lettre de motivation, comme dans l’enseignement privé…

Parce que l’avenir du service public d’éducation est en jeu, Tou.te.s en grève lundi 12 novembre,


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