Blanquer boulverse notre modèle scolaire : luttons pour l’égalité !

jeudi 29 novembre 2018

journal de novembre 2018 - bis

Le Ministre de l’Éducation s’est exprimé le 7 novembre dernier devant le Sénat. Selon lui, « quand on est professeur en 6e, le sujet n’est pas de savoir si on a 26 ou 27 élèves mais si les élèves vont savoir lire, écrire et compter ». Et aux sureffectifs annoncés suite aux suppressions de postes dans le second degré, il ne présente comme solution que d’imposer une seconde heure supplémentaire aux enseignants. La philosophie de son action et le sens des réalités qui ressortent de cette citation ne peuvent qu’inspirer la plus vive inquiétude.

DGH   insuffisantes

Les faits sont là, les DGH   sont notoirement insuffisantes en cette rentrée dans nombre d’établissements du département pour permettre un exercice des métiers de l’Éducation Nationale dans des conditions satisfaisantes. Nous n’avons nul besoin d’heures supplémentaires qui alourdissent les services. Seuls des postes garantis supplémentaires peuvent alléger les classes, les dédoubler, prendre en charge la difficulté scolaire ou comportementale et permettre de savoir si les élèves vont savoir lire, écrire et compter selon le voeu de notre omniscient ministre !

Vie scolaire

C’est aussi des postes de CPE   dont nous avons besoin, en sachant que les besoins du public scolaire vont bien au-delà du triptyque « lire-écrire-compter ». Comment peut-on mettre en place des projets ou même une politique éducative quand un poste disparaît à la rentrée ? Les psy EN croulent sous les rendez-vous et leurs emplois du temps les obligent parfois à hiérarchiser d’eux-mêmes les dossiers et les élèves à suivre. Les situations dérapent, car les missions fondamentales de prévention et de partenariat propres à l’école inclusive sans moyens achoppent. Il suffit pour s’en rendre compte de constater les témoignages alarmants qui arrivent sur les registres santé et sécurité au travail au CHSCTD  . En ce qui concerne les besoins en AESH du département, nombre de situations sont aussi problématiques.

Le chantier du lycée : un véritablement bouleversement

Enfin, la réforme du lycée fait peser de graves menaces pour l’avenir de l’exercice de nos métiers et le bagage futur des lycéens. Eriger en valeur cardinale la liberté de choix devant les familles tout en portant méthodiquement atteinte à l’offre de filières cohérentes, c’est une supercherie majeure.

Une attaque frontale contre la mission d’enseigner

Transformer le baccalauréat en un diplôme local et avec seulement 4 épreuves terminales, organiser du primaire au lycée l’anxiété chez les élèves à coup de tests standardisés, tests dont la gestion échappe aux enseignants, individualiser les parcours d’élèves en disqualifiant le groupe-classe et ses propriétés socialisantes, sélectionner à coups de contrôles continus au risque d’abdiquer toute ambition formative et pédagogique, dénaturer les enseignements de réflexion et culture générale avec des programmes inadaptés, c’est attaquer frontalement la légitimité de la mission enseignante.

Combien de postes perdus à la rentrée ?

Avec comme gage de considération la froide annonce de perdre 2800 postes dans le 2nd degré, soit plus de 1 50 dans notre académie à la rentrée prochaine, sans aucune précision sur l’avenir des collègues qui vont à la fois perdre leur poste et leur métier, monsieur Blanquer veut-il nous faire croire en écho à ses récentes déclarations que quand on est Ministre de l’Education Nationale le sujet est juste de savoir compter ?

Nous n’acceptons pas l’abaissement matériel et moral de nos fonctions qui pointe à l’aune de ses orientations.


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