Budget 2010 : Où sont passés les 16.000 postes ?

lundi 16 novembre 2009

Depuis 1997 et l’arrivée de Claude Allègre au ministère de l’Education, il faut « dégraisser le mammouth ». L’Education nationale est le Premier budget de l’Etat. Dans un contexte de déficit budgétaire chronique, l’heure est donc à la baisse des coûts. Mais l’Education étant un pilier de la société et un sujet sensible aux yeux de l’opinion, le « dégraissage » doit se faire en douceur et répondre à une logique de bon sens. L’argumentation, désormais bien huilée, est donc simple et se veut imparable : le nombre d’enseignants doit diminuer car il y a une baisse des effectifs d’élèves. Raisonnement simple et suffisamment marqué sous le sceau du bon sens pour être compris par tous et expliqué dans les médias. Voilà pour la version officielle. Mais dans la réalité, le ministère procède à de multiples manœuvres pour créer artificiellement le surnombre et ainsi justifier la suppression de postes de profs et modifier en profondeur l’Education nationale.

Dans son rapport sur le budget de l’enseignement scolaire, qui doit être discuté le 12 novembre à l’Assemblée nationale, le député UMP Yves Censi s’inquiète du rythme des suppressions de postes. Après trois années de coupe (11.200 postes supprimés au budget 2008 et 13.500 au budget 2009), le ministère de l’éducation nationale perd encore 16.000 postes dans le projet de budget 2010, soit près de la moitié des postes supprimés en 2010 dans la fonction publique. « Les gains de productivité semblent avoir été réalisés, écrit Yves Censi. Si l’on veut par la suite continuer à diminuer les emplois, dans une optique de réduction de la dépense publique à long terme, il faudra alors modifier en profondeur le système éducatif et les méthodes d’enseignement. »

Et le rapporteur de la commission des finances d’insister lourdement : « Il paraît difficile de maintenir la réalisation des programmes scolaires et le fonctionnement actuel des établissements en allant au-delà dans la diminution des emplois, tant enseignants qu’administratifs. » Coup de génie, la réforme de la formation des enseignants, à la rentrée 2010, permet au gouvernement de supprimer « facilement » des milliers de postes, ceux des 18.000 enseignants stagiaires. Jusqu’ici les étudiants ayant réussi les concours de l’enseignement devenaient des fonctionnaires stagiaires rémunérés, partageant leur temps entre une classe et l’IUFM  . Désormais recrutés au niveau master, les nouveaux enseignants seront directement affectés dans des classes. Autant de postes de stagiaires de supprimés.

Source : Site de Mediapart


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