Contre l’école de la défiance de Blanquer, l’heure de la mobilisation a sonné

dimanche 24 mars 2019

Samedi 30 mars :
Manifestations à Brest (pl. Liberté) et à Quimper (pl. Résistance), 10h30,
suivies d’Assemblée Générale des personnels.
À l’appel de l’intersyndicale FSU, CGT éduc-action, SGEN-CFDT, UNSA et SUD   éducation 29

« L’école de la confiance » qui s’annonce c’est quoi ?

  • une volonté affichée de museler les personnels (art. 1) avec un texte suffisamment flou pour tenter d’empêcher la liberté d’expression, notamment celle de s’opposer aux mesures gouvernementales ;
  • Suppression des garde fous (art. 8) qui laissaient le choix de ne pas appliquer des expérimentations appuyées par le MEN : vers la fin de la liberté pédagogique ;
  • des classes toujours surchargées, voire de plus en plus de classes surchargées notamment au lycée dont un des objectifs de la réforme est de faire des économies ;
  • Evaluation de tous les établissements par une instance contrôlée par le ministère ;
  • une école de la concurrence entre les élèves, entre les enseignements, entre les établissements ;
  • une augmentation de la (sur)charge de travail des enseignants qui seront contraints d’accepter deux heures supplémentaires ;
  • la casse du paritarisme, porte ouverte aux mutations sur CV et entretien d’embauche, le ministre vantant par ailleurs les mérites du recrutement direct par les chef-fe-s d’établissement ;
  • un recours accru à la contractualisation, synonyme de précarité, quand déjà un personnel sur quatre est contractuel dans l’Éducation Nationale ;
  • la rémunération au mérite à travers des entretiens individualisés
  • formation des enseignant-e-s reprise en main : remplacement des ESPE   en INSP dont les responsables seront nommé.es. par les recteurs-trices et non plus par les pair.e.s, formateurs qui peuvent venir des entreprises privées ;
  • Renforcement de la précarisation de l’éducation nationale avec la possibilité pour les AED   (Assistants d’Éducation) d’enseigner tout en étant sous payé-e-s.

Alors oui, pour SUD   éducation, cela vaut la peine de faire grève, de cesser le travail quand on constate que ce qui se prépare pour l’école est d’un autre temps, une école de la défiance, une école de la menace.

Dans le premier degré, l’heure est à la mobilisation ...

Les personnels l’ont bien compris en se mettant en grève le 19 mars de manière forte. Les causes de mécontentement ne manquent pas :

  • Création d’Établissements Publics des Savoirs Fondamentaux (EPSF) qui fusionneraient les écoles du 1er degré et le collège de secteur, ce qui entraînerait :
    • de nouveaux supérieurs hiérarchiques : le principal du collège et un adjoint dévolu aux écoles rattachées
    • la suppression des directeurs-trices dans les écoles avec des économies de décharge à la clé ;
    • la possibilité de lisser les effectifs sur l’ensemble de l’EPSF et non plus école par école (économies de postes facilitées donc plus d’élèves par classe) ;
    • plus de rattachement à une commune mais à l’EPSF et donc possibilité de distribuer les élèves dans l’ensemble de la structure ;
    • financement à hauteur de 150 millions d’euros des écoles privées maternelles sous couvert de la scolarisation obligatoire à partir de 3 ans ;
  • Possibilité d’avoir recours à des jardins d’enfants sans enseignant-e-s.

Les taux de grévistes chez les PE ont varié d’un quart à plus de la moitié en fonction des départements, et ils ont été significatifs dans le second degré. Dans de nombreux départements, des assemblées générales ont réuni plus de cent grévistes, parfois jusqu’à plusieurs centaines. Que ce soit par le nombre de grévistes, le nombre de personnes en manifestation ou en Assemblée générale, cette mobilisation est le signe de la volonté de la construction d’un rapport de force majeur.

La grève massive ne prend pas dans le 2nd degré et pourtant …

Depuis la rentrée 2018, dans le 2nd degré aussi le ministre fait feu de tout bois : relance de Parcoursup, réforme du bac et du bac pro, suppressions de postes par milliers, heures supplémentaires imposées,... SUD   mais aussi la FSU, la CGT éducation, FO dénoncent les réformes Blanquer qui sont autant de reculs imposés aux élèves, aux personnels, mettant les premiers toujours plus sous pression, promettant de nouvelles dégradations des conditions de travail des seconds… mais malgré cet obscurcissement de l’horizon dans l’Éducation Nationale dont la grande majorité des collègues sont conscients, les mobilisations du secondaire lors des grèves sont loin d’être à la hauteur des inquiétudes fondées exprimées dans les salles des profs.

Certes, des luttes s’organisent de manières alternatives : mouvement des stylos rouges, notes 20/20, information aux parents mais, face à un ministre autoritaire et peu enclin à l’écoute, sans même parler l’absence de dialogue, le rapport de force ne se créé pas. Et le ministre déroule ses projets dans lesquels se perdent de bien trop timides avancées mais clairement rétrogrades dans leur globalité.

Que risque-t-on à faire grève et à la reconduire ?

Les principales raisons qui remontent sur cette désaffection de la grève sont les pertes de salaire, le fait que les grèves d’un jour ne suffisent pas, n’ont pas de perspectives, que ce sont les élèves qui sont pénalisés lorsque les cours n’ont pas lieu.

Mais que représentent les pertes de salaire auxquelles on consent en faisant grève face à des années de baisse de notre pouvoir d’achat ?

Les grèves d’un jour suivies par tous les personnels qui les jugent légitimes ne seraient-elles pas au contraire des moments forts, propices à amorcer des luttes dynamiques, à même de faire entendre nos voix ?

Et que représentent les quelques cours supprimés, même dans le cadre d’une grève reconduite, face à la dégradation des conditions d’étude, des conditions de travail, dont on sait l’impact qu’elles ont sur les catégories sociales les plus fragiles ?

Des AG   qui reconduisent la grève

Loire Atlantique, Puy-de-Dôme, Allier, Bouches-du-Rhône, Maine-et-Loire, Deux-Sèvres, Seine-Maritime, Paris, Rhône, Somme, Ille-et-Vilaine.

Dans le Finistère aussi, dans les AG   intersyndicales du 30 mars qui suivront les manifestations de Brest et Quimper, nous devons nous poser la question des perspectives à donner localement.

Focus sur :

150 personnels qui bloquaient le rectorat de Toulouse mardi 19 ont été brutalement agressé-e-s par la brigade anticriminalité à l’instigation de la rectrice. Il était urgent de permettre le passage d’une camionnette contenant des copies d’agrégation !

Les personnels ont subi le gaz lacrymogène à bout portant, ont été jeté-e-s à terre, le tout agrémenté de propos sexistes de la part de la police.

SUD   éducation dénonce fermement cet acte de répression, à l’image de ce que subit le mouvement social depuis plusieurs mois.

Alors, samedi 30 mars
tou.te.s dans la rue pour faire entendre notre ras le bol
de cette politique destructrice de l’Éducation nationale

Information à destination des parents

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