Ils n’en mourraient pas tous, mais tous étaient frappés

jeudi 14 novembre 2019

Christine Renon, directrice d’école s’est donnée la mort dans son établissement de Pantin le 21 septembre dernier, après avoir écrit une lettre dans laquelle elle confiait son épuisement professionnel. Un CHSCT   extraordinaire s’est tenu le 6 novembre, au ministère, à la demande des organisations syndicales.

Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés, tel est le titre d’un livre rédigé en 2008 par la psychologue Marie Pezé, qui travaille sur la souffrance au travail depuis 1996. L’ouvrage abordait un sujet qui n’avait déjà rien de neuf, et les réalités du monde professionnel qu’il dénonçait ne semblent pas s’être atténuées depuis. Pire, elles semblent toucher de plus en plus de secteurs, dont l’Éducation nationale. Il n’y a quasi plus que le président Macron pour ne pas voir, pour ne pas vouloir voir la pénibilité du travail.

Le texte de Christine Renon décrit par le menu ses journées de travail : faire remonter des informations, organiser mille et une choses... et montre son attachement au travail bien fait, la rigueur et puis le découragement, l’accablement devant l’absurdité de sa tâche. Un texte bouleversant, aussi, par sa fin.

Marie Pezé dit de son acte qu’elle « voit à travers ce geste un gâchis absolu, une intelligence sacrifiée. C’est une personne qui avait à cœur son travail, qui était portée par son sens du devoir, comme beaucoup de fonctionnaires, avec une haute idée du service public. Nous avons affaire à un suicide dédicacé, un message qui a une dimension politique, et l’Éducation nationale doit rendre des comptes. »

Si les mots et le geste de Christine Renon résonnent dans les esprits et les cœurs de nombreux enseignant·es, de directeurs et de directrices d’école, c’est parce que beaucoup disent se retrouver dans la description des journées et des problèmes faits dans sa lettre.

Au-delà de la grande émotion que suscite ce décès dans l’ensemble de la communauté éducative, il pose aussi des questions sur les conditions de travail de l’ensemble des personnels notamment les directrices et directeurs et plus généralement des personnels présents au quotidien dans les écoles et établissements scolaires.

Le ministère de l’Éducation nationale doit prendre toute la mesure de la situation de l’école et des établissements scolaires, apporter des réponses urgentes pour un meilleur fonctionnement et garantir la santé, la sécurité et le bien-être au travail de l’ensemble de ses personnels.

Des actions sont à mener afin que des mesures soient prises pour une toute autre qualité de vie au travail. Nous devons continuer à dénoncer les conditions de travail dégradées, notamment par le biais des CHSCT  , qui tiennent une place primordiale à nos yeux.

Nous devons continuer à refuser que le travail engendre des situations de souffrance au quotidien, renforcées par des prescriptions, des injonctions et des réformes qui vident le métier de son sens, afin que ce drame ne se reproduise plus.

A la suite du CHSCT   extraordinaire, pour la première fois, le ministère donne des chiffres : 58 suicides d’agents de l’Education nationale en 2018-2019 dont une majorité dans le tranche d’âge 45-64 ans. Et cette année scolaire, ce sont déjà 11 suicides qui viennent dramatiquement allonger cette liste.

Ne laissons pas le travail nous tuer, lien vers un 4-pages de la fédération SUD   Education.


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