Le 1er mai : journée internationale des travailleurEs... et de leurs revendications

samedi 2 mai 2020
par  sudeducation29

Le 1er mai ou journée internationale des travailleurs est une journée de lutte du mouvement ouvrier instaurée par la IIe Internationale, en mémoire du massacre de Haymarket Square, comme journée annuelle de grève pour la réduction du temps de travail à une journée de huit heures. Cette revendication fut satisfaite lors de l’entre-deux-guerres dans la plupart des pays européens industrialisés. La fête du Premier mai devint alors une journée de célébration des combats des travailleurs et des travailleuses. Elle est célébrée dans de nombreux pays du monde et est souvent un jour férié ; le 1er mai est l’occasion d’importantes manifestations du mouvement ouvrier. [1]

Ce n’est donc pas un hasard si cette journée, hautement symbolique pour le progrès social, est depuis détournée par de nombreuses forces politiques opposées à ce progrès : Hitler, Pétain, Le Pen ainsi que de nombreux réactionnaires français notamment, qui perpétueront la « fête du travail » ou celle du muguet (dont les origines sont attribuées à Charles IX).

C’est pourquoi il est essentiel pour les travailleurEs, et leurs organisations syndicales, de se réapproprier cette date, cette année comme les autres pour ce qu’elle est : une journée internationale des revendications des travailleurEs.

1884, Etats-Unis : Au IVe congrès de l’American Federation of Labor, les principaux syndicats ouvriers se donnent 2 ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à 8 heures. Ils choisissent de débuter leur action un 1er mai parce que beaucoup d’entreprises américaines entamaient ce jour-là leur année comptable.

1er mai 1886, Etats-Unis : Sous la pression syndicale et la menace d’une grève massive, la revendication est satisfaite dans de nombreuses entreprises. Environ 340 000 salarié-e-s doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder. Une répression féroce s’en suit : arrestations et attaques de militants par des milices patronales.

3 mai 1886, Chicago : une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester. Une marche de protestation a lieu le lendemain. C’est alors qu’une bombe explose et tue 15 policiers. Cinq anarchistes sont pendus le 11 novembre 1886 malgré l’inexistence de preuves (ils seront réhabilités plusieurs années après).

Juillet 1889, Paris : En hommage aux « martyrs de Chicago », la IIe Internationale Socialiste décide de faire de chaque 1er mai une journée de manifestation avec pour objectif la réduction de la journée de travail à 8 heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé).

1er mai 1890 : Dans plusieurs pays des ouvrier-e-s font grève et défilent avec un triangle rouge à la boutonnière symbolisant le partage de la journée en 3 (travail, sommeil, loisirs).

1er mai 1891, Fourmies (Nord de la France) : la manifestation tourne au drame : la troupe tire sur la foule et tue 10 personnes, dont 2 enfants. Le 1er mai s’enracine davantage dans la tradition de lutte des ouvriers. En souvenir du sang versé, les manifestant-e-s défilent alors avec une églantine rouge (fleur traditionnelle du Nord).

1919 : le Sénat français ratifie la journée de 8 heures et fait du 1er mai une journée chômée.

1920 : La Russie bolchévique décide que le 1er mai sera désormais chômé et deviendra la fête légale des travailleurs.

1933 : Si Mussolini a supprimé cette journée lui préférant « la journée du travail italien » le 21 avril, Hitler, qui a besoin de séduire le monde ouvrier fait du 1er mai une journée chômée.

1er mai 1936, France : Point de départ d’un mouvement de grève générale sans précédent qui aboutira aux accords de Matignon (conventions collectives, libertés syndicales, délégués du personnel, …), aux congés payés, semaine de 40h (au lieu de 48).

1941 : Pétain transforme la « journée internationale des travailleurs » en « fête du travail et de la concorde sociale » et remplace l’églantine rouge par le muguet.

Depuis, en France et dans d’autres pays, beaucoup d’imposteurs ont tenté de détourner cette journée, comme le Front National qui décide en 1988 de célébrer Jeanne d’Arc le 1er mai (au lieu du 8 précédemment) ou Sarkozy, pour la présidentielle de 2012 qui teint meeting le 1er mai au Trocadéro en déclarant qu’il organise ainsi la vraie fête du travail.

Ce n’est donc pas par fétichisme que l’on doit rester attaché-e-s au 1er mai, journée internationale des travailleurEs, mais pour rappeler que le progrès social s’obtient dans la lutte et dans la rue !

Sources : Herodote.net, Danielle Tartakowsky La part du rêve : Histoire du 1er mai en France


[1Wikipédia


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