Une année COVID ne peut pas être une "année normale"

jeudi 1er octobre 2020

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Journal d’octobre 2020

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Édito

SUD Éducation 29 n’est pas un labo de recherche médicale et c’est pour cette raison que nous nous garderons bien de prendre position sur les façons par lesquelles le corps médical va traiter l’épidémie de Covid 19. Pour autant, et contrairement à ce que Blanquer a pu chanter dans les médias à la rentrée, cette année scolaire n’a rien de « normale » : l’Éducation nationale n’est pas armée pour vivre une année scolaire placée sous le signe de la contrainte sanitaire. Et l’on se demande bien comment le ministère s’est penché sur la question durant la période estivale. Dès lors, il nous paraît plus rationnel de ne pas donner dans la spéculation de comptoir, et d’admettre dès maintenant que nous en avons pour un bon moment avec les contraintes sanitaires qui découlent de la pandémie à laquelle nous sommes confronté.es.

Se préparer à porter le masque sur le long terme

Puisque la recherche scientifique a besoin de temps, autant admettre que dans l’immédiat, il va falloir faire sans vaccin. Cela signifie que dans l’Éducation nationale comme ailleurs nous allons devoir porter le masque encore un moment. Et puisque nous ne réagissons pas toutes et tous de la même façon au port du masque pendant des heures, il va être nécessaire d’aménager des espaces et des moments sans masque. On a vu que même le Président de la République a parfois besoin de reprendre son souffle. Alors pourquoi ne pas envisager des moments de pause au grand air dans les emplois du temps de chacun.e (élèves comme personnels) ?

Anticiper les reconfinements

Au regard de ce qui se passe depuis la rentrée, il nous semble qu’il va falloir anticiper les allers-retours d’élèves et de personnels qui vont vivre des périodes de confinement parce que testé.es positif/ves. Et parmi les personnels, il y aura aussi celles et ceux qui ne seront pas en service pour garder des enfants confiné.es. La rentrée nous a aussi montré qu’il régnait un flou certain quant aux démarches à entreprendre lorsque l’on craint d’être contaminé.e ou simplement cas contact. La possibilité de s’absenter en cas de doute doit être facilitée puisque la santé des autres en dépend aussi.Des absences, il va donc y en avoir et beaucoup plus qu’en temps normal. Le recrutement de remplaçant.es en nombre nécessaire va devenir encore plus indispensable qu’il ne l’était déjà les années précédentes.

Rien de nouveau sur le télétravail

Même si le ministère y a déjà vu une source d’économies phénoménale, le télétravail ne peut pas devenir la norme dans un métier où le contact humain avec les élèves est essentiel. Les enseignant.es ont déjà eu la « gentillesse » pendant le confinement de travailler à distance avec leur propre matériel et des coûts de communication à leurs frais. Il ne peut être question de refaire ce qui a été fait à la fin de l’année scolaire avec des personnels qui ont eu la charge de leurs élèves en classe et à distance.
Pourquoi l’Éducation nationale ne se donne pas les moyens de recruter des personnels supplémentaires afin d’assurer le suivi des élèves qui seront confiné.es ?

Et la pédagogie dans tout ça ?

A aucun moment il n’a été question de prendre en comptel e fait que les élèves n’ont pas fait une année complète en2019-2020. La progression des apprentissages a été interrompue pour tou.tes les élèves. Dès lors, les bases qui sont considérées comme acquises ne le sont pas du tout. La volonté de respecter les programmes (parfois nouveaux) à la lettre est une aberration. Cette rupture doit être prise en compte. Il faut, au plus vite, que les programmes de cette année soient revus en conséquence. Au lycée, rajoutons que la situation fait apparaître au grand jour les limites de la réforme Blanquer. Le groupe classe étant éclaté une partie de la journée, ce brassage des groupes de spécialités a pour effet de multiplier les contacts entre les élèves. Et quand les élèves ne sont pas en groupes de spécialité elles et ils se retrouvent dans des classes remplies à bloc.

Il n’est pas trop tard pour réagir

Entre les séances de paddle, de kayak, la finale de la ligue des champions et le départ du tour de France, nous sommes heureux/ses de savoir que le ministre a bien profité des vacances. Mais la méthode Coué ne suffira pas. D’autres pays d’Europe ont pris la mesure des enjeux pour l’École. L’Espagne s’est engagée sur le recrutement de 39 000 enseignant.es pour atteindre le seuil des 20 élèves par classe. De son côté, l’Italie vient d’en annoncer le recrutement de 50 000. Cela fait bien trop longtemps que l’Éducation nationale fait avec les moyens du bord. Si l’on ajoute la problématique du chômage à celle de la pandémie, il est plus que jamais temps de recruter.


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