Loi de "sécurité globale", violences policières, non à l’État sécuritaire !

samedi 5 décembre 2020

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Journal décembre 2020

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Édito

Partout en France, les mobilisations massives contre la loi de “ sécurité globale” montre le rejet populaire du texte, qui, s’il n’était pas passé à la moulinette de la novlangue gouvernementale, aurait pu être appelé loi d’impunité totale. À Brest, ce furent près de 4000 personnes réunies samedi 28 novembre pour le dénoncer. Mais aussi à Quimper, Morlaix, Douarnenez, Quimperlé... L’indignité de ce projet de loi est d’autant plus flagrante que les violences policières des derniers jours ont été particulièrement médiatisées.

Police française : le pays des droit(e)s de l’Homme

À Paris, place de la République d’abord, le 23 novembre, où des exilé·e·s avaient installé leurs tentes par centaines parce qu’ils·elles n’avaient pas été relogé·e·s après avoir été expulsé·e·s de leur campement de Saint Denis. La situation a dégénéré lorsque le préfet de police a ordonné l’expulsion des migrant·e·s. Face à des exilé·e·s absolument pacifistes et des militant·e·s soucieux·euses d’éviter la moindre provocation, des policiers déchaînés ont gazé, donné des coups de pied et de matraques. Des hommes et des femmes réduit·e·s à l’état de corps tombant sur le bitume après avoir été violemment sorti·e·s de leur abri, à l’état de détritus comme vidés d’un sac-poubelle : voilà les images que provoque la vision de ces tentes soulevées par des policiers aux ordres de notre gouvernement. Et pourtant, il s’agit d’hommes et de femmes venu·e·s trouver refuge dans notre pays après avoir fui la misère ou la violence.

Autre lieu, autres violences

Samedi 28 novembre, des policiers ont été filmés par une caméra de vidéosurveillance en train de rouer de coup Michel Zecler, un homme noir, un producteur de musique à l’entrée de son studio d’enregistrement. Les images de l’agression, diffusées par un média alternatif, sont tout simplement insupportables. Le motif avancé (le non port du masque), la durée de l’agression, son extrême violence, les propos racistes proférés par les policiers, donnent la nausée !

Dans la police, le racisme fait système

Si les propos racistes des policiers sont choquants, ils n’étonnent plus guère. L’institution policière, basée sur l’obéissance à une autorité forte est particulièrement perméable aux idées fascistes. Dans les urnes, près de 7 policiers actifs sur 10 glissent un bulletin Rassemblement National. Au commissariat de Rouen, les policiers appelaient de leurs vœux une « guerre raciale » contre « les nègres » et « les bougnoules » (voir : Gardien de la Paix, podcast d’Arte Radio).

Les banlieues, laboratoire des violences policières

Le racisme fait système au sein de l’institution policière, et c’est dans les banlieues que celui-ci s’exprime depuis bien longtemps. La violence déchaînée contre les Gilets Jaunes ou les manifestant.e.s lors du mouvement contre la loi travail ou les retraites, les personnes racisé·e·s et paupérisé·e·s la connaissent bien. Violence morale et symbolique, d’abord, avec le recours au contrôle au faciès dès le plus jeune âge et plusieurs fois par jour, les humiliations, dans le but de créer l’habitude de la soumission.

Violence physique ensuite, du viol de Théodore Luhaka à l’homicide d’Adama Traoré. Face à celle-ci, la fuite est souvent mortelle, comme pour Zyed et Bouna, Mahamad ou Fofana, Steve et tant d’autres. Macron déclarait l’année dernière : « Ne parlez pas de “répression” ou de “violences policières”, ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit. » Ce qui est inacceptable, ce sont ces mains déchiquetés, ces yeux explosés, les morts de Rémi Fraisse, Cédric Chouviat, Zineb Redouane, Mohamed Gabsi ... Darmanin aimerait les faire oublier. Nous ne le laisserons pas faire.

La critique des violences policières comme dénominateur commun

Depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, la répression policière aura été sa réponse à tous les mouvements sociaux : Gilets Jaunes, Notre-Dame des Landes, manifestations sur les retraites, dans les universités... C’est dans la dénonciation de ces violences qu’une convergence des luttes s’observe. Tant que le gouvernement ajoutera les violences de sa police à la violence de sa politique, il trouvera en nous, face à lui, des adversaires toujours plus uni.e.s. La moindre des choses pour le gouvernement serait, à court terme, l’abandon de la loi de “sécurité globale”, énième cadeau à une police violente et raciste. Le chemin vers une police républicaine, respectueuse des droits de chacun·e demandera du courage politique et une vision réellement humaniste, bien éloignée des discours de nos gouvernant·e·s. C’est dans les luttes que tout se joue !


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