Epreuves de spécialités en Terminale : quand la hiérarchie s’oppose au ministre !

jeudi 10 décembre 2020

Une fois n’est pas coutume, SUD éducation publie des extraits d’une prise de position des IA IPR qui s’opposent à la tenue des épreuves de spécialité prévues en mars 2021 :

"Depuis le renforcement du protocole sanitaire en lycée, les IA-IPR constatent, au cours de leurs inspections, que les conditions de travail des professeurs et de leurs élèves sont devenues extrêmement hétérogènes. Nous observons que, là où les classes de terminale ont pu rester essentiellement en présentiel, les progressions se poursuivent presque normalement, de sorte que les élèves ont de bonnes chances d’être sérieusement préparés pour les épreuves de spécialité du mois de mars.Il nous faut cependant noter que cela ne concerne qu’une minorité de lycées. Dans la plupart des établissements, le passage à la « demi-jauge », qu’il s’agisse de demi-groupes ou de classes entières à jours alternés, a entraîné un ralentissement des progressions et, plus largement,une dégradation des apprentissages des élèves. La consultation de nombreux cahiers d’élèves et des progressions annuelles proposées par les enseignants nous a en effet permis de constater que, dans beaucoup de classes de terminale, le retard accumulé est déjà important. Nous avons pu nous rendre compte, lors de nos inspections, que lorsque les professeurs pratiquent le « distanciel synchrone » (enseignement en classe devant un demi-groupe, retransmis en direct au reste de la classe en distanciel), cela leur permet évidemment de gagner du temps par rapport aux professeurs qui « dupliquent » simplement leurs cours et avancent donc deux fois moins vite que dans des conditions normales. [...]
Certes, la plupart des épreuves de spécialité prévues en mars 2021 ont fait l’objet d’adaptations, mais les adaptations annoncées ne résolvent que très partiellement le problème de fond : dans les conditions actuelles, il est très probable que de nombreux élèves arriveront en mars insuffisamment préparés pour affronter une évaluation, quelle qu’elle soit.Il est évident que le problème n’est pas de même intensité pour tous les enseignements de spécialité ni pour tous les établissements, en fonction notamment de l’organisation adoptée. Mais cette hétérogénéité de situations, loin de tempérer le problème, vient au contraire l’aggraver en créant une inégalité de traitement manifeste entre les élèves censés passer une même épreuve nationale."

Et les inspecteurs/trices de conclure qu’ils/elles

"s’associent à de très nombreuses associations de professeurs enseignant des spécialités et aux organisations et syndicats (de lycéens, de professeurs et de personnels de direction) qui demandent le report en juin des épreuves d’enseignement de spécialité prévues en mars. Ce report nous semble notamment nécessaire pour garantir aux professeurs et à leurs élèves la sérénité indispensable pour le bon déroulement des enseignements et des apprentissages."


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