Quel avenir pour la formation au métier d’enseignant ?

jeudi 10 juin 2010

Certains collègues ont été sollicités pour accueillir dans leur classe des « stagiaires 108h » tels qu’ils sont prévus par la réforme Chatel. Il s’agit d’étudiants en master, volontaires pour effectuer ces stages rémunérés 34,30 euros brut pour chaque heure effectuée en responsabilité. Ces stages sont censés se dérouler sur 3 semaines, l’une étant consacrée à l’observation du maître référent et à des essais de pratique accompagnés. Pendant les deux autres semaines, le stagiaire prend seul les classes (ou une classe, cela dépend des circulaires) en responsabilité.

L’histoire ne dit pas vraiment ce que fait le maître référent pendant ce temps-là.

Devant cette aberration, de nombreux collègues ont répondu collectivement par des refus d’établissement, d’autres ont répondu « non » individuellement, pour l’instant ces stages ne s’organisant que sur la base du volontariat des tuteurs. D’autres enfin ont accepté parce qu’ils étaient mal informés, ou trop tardivement, ou qu’ils ont fait l’objet de quelques pressions administratives.

Les arguments pour ne pas accepter ces stagiaires sont les suivants :

  • Sur le fond, on entérine le fait que des étudiants (et non des fonctionnaires stagiaires) sont fondés à enseigner avec simplement un vague accompagnement : c’est la fin de la formation professionnelle.
  • Sur la forme, la disparité des formules retenues ou possibles (favorisée par les textes euxmêmes) disloque le système et conduit à ce que tous
  • La dégradation des conditions de vie d’une partie croissante de la population estudiantine et l’augmentation des frais d’inscription en faculté vont imposer à certains d’entre eux de demander ces stages rémunérés. En revanche, ceux qui en auront les moyens pourront se consacrer exclusivement à la préparation de leur concours.
  • Enfin, pour le professeur référent c’est un travail supplémentaire prévu à l’origine sans rémunération, et qui devant les nombreux refus, vient de se voir allouer une indemnité hebdomadaire de 48 euros. Cela sans formation spécifique, bien sûr !

L’an prochain, ces mesures transitoires laisseront place à une organisation incluant les maîtres référents, les stagiaires en responsabilité et les étudiants volontaires pour le stage de 108h.

L’organisation prévue pour quelques académies (Montpellier et Créteil par exemple) présage du pire :

  • De la rentrée à Toussaint, les stagiaires reçus au concours sont affectés (18h) en responsabilité sur des postes dispo au mouvement intra. Les professeurs tuteurs seront avec eux dans leur classe. Pendant ce temps, les classes des profs référents seront tenues par des TZR ou des vacataires (puisqu’il ne reste plus guère de TZR).
  • De Toussaint à février, les stagiaires seront seuls en pleine responsabilité dans leurs classes.
  • De février à Pâques, le stagiaire suivra une formation et sera remplacé dans sa classe par un étudiant M2 admissible au concours de recrutement et volontaire pour un stage de 108h.
  • De Pâques à la fin de l’année, le stagiaire retourne dans ses classes. L’année suivante, le M2 qui a officié de février à Pâques devient stagiaire et on recommence !

Bilan : les classes des profs référents commenceront par 6 semaines avec un autre prof ou un vacataire ; les classes du stagiaire verront 3 « profs » dans l’année (1 stagiaire, 1 M2, 1 prof référent). « Gain » : par exemple, 250 postes dans l’Académie de Montpellier.

SUD   éducation refuse la soi-disant réforme de la soi-disant formation des enseignants appelée aussi « mastérisation » et a appelé à refuser les stages 108h de mars 2010.


Agenda

<<

2020

 

<<

Février

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
272829303112
3456789
10111213141516
17181920212223
2425262728291
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois