Enseigner, un métier qui s’apprend !

mardi 30 novembre 2010

[|Rassemblement de soutien à la formation des enseignants-stagiaires|]

 Enseigner, un métier qui s’apprend !

Depuis 2008, SUD   éducation s’oppose à la réforme de la formation des enseignants. Aujourd’hui, la réalité que vivent les enseignants stagiaires apporte la preuve que cette réforme est catastrophique pour l’avenir du système éducatif : temps complet d’enseignement, formation notoirement insuffisante s’ajoutant au temps de service et restreinte à un « compagnonnage » parfois virtuel. Ce dispositif les placent dans une situation intenable. Cela ne les prépare pas à un métier exigeant et complexe qui exige une véritable formation professionnelle

Dans le 1er degré, les collègues stagiaires (les « S ») ont une entrée par étapes (trop rapides) dans le métier, par des stages dans des classes de maîtres-formateurs. Cependant à partir de ce lundi 29 novembre, et jusqu’au 25 février, ils sont mis en situation dans une classe comme remplaçant. Les conditions dans lesquelles il arrivent sont difficiles : les lieux de stages, souvent des remplacements de congé de maternité, devaient se caler sur les dates pré citées, comme si tout cela était mathématique ! Du coup les collègues titulaires restent dans l’école hors de leur classe en attendant de partir en congés... Des collègues T1 ont été déplacés pour laisser la « place » à des collègues stagiaires...Ceci à amener des situations de crispation et d’incompréhension au niveau de certaines équipes d’école. Ceci ne crée pas un climat serein pour commencer dans le métier pour les « S ». De plus cette longue période de stage a été préparée à l’IUFM   en trois semaines intensives où « tous les domaines ont été balayés ». Est-il sérieux laisser seuls et en responsabilité des collègues novices pendant un temps important, près de 11 semaines, avec si peu de contenus et de recul sur leur futur métier ?

Dans le 2nd degré, après un dispositif transitoire depuis septembre, les enseignants stagiaires sont à temps plein depuis la rentrée des vacances de Toussaint. Sans compter en plus le temps de formation à l’IUFM   sur les « temps libres » du mercredi/jeudi ! La préparation d’une séance pédagogique est un travail laborieux, qui demande du temps, de la réflexion et de l’expérience. Comment imaginer que les enseignant-e-s stagiaires puissent être à temps complet devant les élèves dès la première année sans une formation digne de ce nom ? C’est une quantité de travail insurmontable qu’on va exiger d’eux.

Quid de ce temps indispensable de formation aux processus d’apprentissage et de gestion d’une classe ? En mettant délibérément en difficultés matérielles et pédagogiques les nouveaux personnels, des catastrophes humaines sont inéluctables. Dont les élèves seront les victimes collatérales ! Confierait-on le manche d’un avion à un jeune ingénieur aéronautique tout juste sorti de ses études théoriques ?

SUD   éducation 29 a contesté dès 2008 la réforme de la formation des maîtres dite « mastérisation » et le scandale des nouvelles conditions d’entrée dans le métier qui en découlent, tant dans le premier que dans le second degré. Nous sommes pour le retour à une formation pédagogique digne de ce nom, à un recrutement à la licence et pour l’attribution d’un Master pour tous les professeurs à l’issue de la formation initiale professionnelle.

SUD   éducation soutient la mobilisation entamée par le collectif de stagiaires.

Nous demandons dans le 1er comme dans le 2nd degré des mesures d’urgence :

  • Dans le 1er degré, pas de classe en responsabilité avant la moitiée de l’année. Ces stages doivent s’étaler sur une durée de 2 fois 3 semaines, en alternance avec des périodes de stage d’observation et de pratique accompagnée, dans les 3 cycles, et avec des périodes de formation théorique
  • Dans le 2nd degré, un allègement de service : pas plus d’un tiers temps de service tout au long de l’année devant les classes.
  • Une formation renforcée sur le temps de service assurée par des formateurs pour tous les stagiaires, un dispositif particulier pour soutenir ceux qui sont en difficulté.
  • Une harmonisation des procédures de titularisation dans toutes les académies garantissant l’équité et les droits des stagiaires.

     [*C’est bien la réforme de la mastérisation qui est en cause.*]

  • Elle est motivée par la volonté de supprimer des milliers de postes grâce au passage à temps plein devant élèves ( 16 000 cette année).
  • Elle va générer un tri social accru. L’allongement de la scolarité (désormais un Master, soit 5 ans d’études post bac, est nécessaire pour passer les concours) aura pour conséquence d’accroître les difficultés des étudiants issus des classes populaires. Aucune « revalorisation » salariale ne pourra compenser ce recul social. Le métier d’enseignant se ferme aux étudiants issus de classe populaire.
  • Elle va créer un vivier de précaires. Dans un contexte de suppression des postes de titulaires (35 000 depuis 2007) et de réduction du nombre de postes aux concours, la réforme multipliera les « reçus/collés » : titulaires d’un master mais pas du concours, ils serviront à alimenter le « vivier » de remplaçants précaires.

Pour ces raisons, SUD   éducation 29 lutte pour l’abrogation de la réforme de la mastérisation.

 Contre la liquidation de la formation pédagogique,

[*Rassemblement mercredi 1er décembre*]

[|15h30 devant l’Inspection Académique du Finistère

(cité administrative, Quimper)|]


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