Les chiffres qui condamnent la politique éducative sarkoziste

mardi 2 octobre 2007

Une étude comparative, réalisée par l’Aped (Association pour une école démocratique) et portant sur les systèmes éducatifs européens, apporte désormais la preuve irréfutable que les réformes annoncées par le gouvernement de Nicolas Sarkozy — assouplissement de la carte scolaire et suppression du collège unique — conduiront à une augmentation catastrophique de la fracture sociale dans l’enseignement français. L’étude démontre en effet que le degré d’inégalité dans les systèmes éducatifs européens est directement corrélé, pour plus de 66%, au degré de liberté de choix d’une part, au caractère plus ou moins précoce de la première sélection hiérarchisante d’autre part. L’étude montre enfin que la suppression de la carte scolaire et l’abaissement de 14 à 12 ans du premier palier d’orientation conduiraient l’enseignement français à rejoindre la Belgique et l’Allemagne dans le peloton de tête des systèmes éducatifs les plus ségrégateurs sur le plan social.

Les changements au système d’enseignement français proposés en discussion par Nico Hirt :

  • Premièrement, la carte scolaire doit effectivement être “rénovée”, non pas dans le sens d’un assouplissement, mais au contraire d’un renforcement. Il s’agit entre autres de passer d’une affectation strictement sur base du lieu d’habitation, à un système qui tiendrait compte de l’origine sociale, de façon à organiser réellement la mixité sociale dans tous les établissements et, ce faisant, à empêcher le zapping résidentiel.
  • Deuxièmement, il faut empêcher que l’existence d’un enseignement privé, sous contrat ou non, vienne réduire à néant l’effet régulateur de la carte scolaire. Le minimum consisterait sans doute à imposer une carte scolaire au réseau d’enseignement privé. Mais cela n’empêcherait pas l’existence d’une compétition sociale entre l’enseignement public et l’enseignement privé. La seule solution réelle consiste donc à « nationaliser » les établissements privés, à les transformer en écoles publiques.
  • Enfin, plutôt que de se lamenter sur un collège unique qui ne fonctionne pas bien, on ferait sans doute mieux de réfléchir aux raisons de son échec. Comment se fait-il qu’à 11 ans, les écarts entre élèves soient déjà si élevés ? Et qu’ils soient déjà si fortement déterminés par l’origine sociale. On connaît la réponse : parce que l’école primaire, avec les moyens dont elles dispose, n’est pas en mesure d’apporter à tous les conditions qui garantissent la réussite scolaire ; et parce que le collège ne peut pas davantage mobiliser les moyens qu’il faudrait pour combler ces écarts. Ne réussissent finalement bien au collège, que les « meilleurs » et ceux qui auront eu la chance de trouver ailleurs, dans leur milieu familial, l’aide que l’institution n’a pas pu leur apporter. A cet égard, il n’est pas inutile de rappeler cette ultime statistique issue de l’enquête PISA : dans aucun pays d’Europe (nouveaux membres compris) le nombre d’élèves en classe de mathématique, à l’âge de 15 ans, n’est aussi élevé qu’en France. Il y est de 27 élèves en moyenne, contre 24 en Allemagne et aux Pays-Bas, 23 en Autriche et au Portugal, 22 en Espagne, 20 en Italie et en Suède et... 18 en Finlande. Voilà une statistique PISA qui n’a, semble-t-il, pas été très médiatisée en France.

Etude détaillée est à lire d’urgence sur le site l’école démocratique


Etude détaillée est à lire d’urgence sur le site {l’école démocratique}

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