Projet de loi sur la refondation de l’Ecole : Peillon, capitaine du « retropédalo »

vendredi 7 décembre 2012

Le projet de loi déposé par le gouvernement sur la Refondation de l’Ecole vient d’être publié.
Ah il en avait de bonnes idées dans son cartable, l’ami Peillon ! On allait voir ce qu’on allait voir ! Les rythmes scolaires de l’enfant ! Plein de postes ! Des nouveaux programmes ! C’était Noël en juillet ! La « Refondation de l’école », rien que ça ! C’était même écrit en gros sur la façade de son bureau, avec un site internet, c’est dire !
Ouais mais justement… pour dire, il a dit… beaucoup dit… Mais au final, il a fait quoi ? Parce que refonder, c’est du boulot, genre on reprend tout à la base pour faire du neuf. Ben… il a rien fait… il a écouté… tout le monde… sauf les enseignants… il a regardé tous les rythmes… sauf ceux des enfants ! Pas de grands projets dans son cartable, juste quelques post-it avec des slogans griffonnés…
Des annonces, à la pelle… mais toutes enterrées… supprimer le zonage des vacances ? ah non, pas fâcher l’industrie du tourisme… la semaine de 5 jours ? pas fâcher les familles, pas fâcher les religieux… on revient à 4 jours et demi comme avant le quinquennat Sarkozy. Réduire la journée ? on met une demi-heure de devoirs, puis on l’enlève et on remet l’aide personnalisée, mais c’est pas sûr, faut pas fâcher les maires non-plus… Les cycles ? Peut-être ou peut-être pas. Les programmes ? On va nommer une commission (indépendante, évidemment). La formation ? oui mais…

Au final : rien. Le changement, c’est pas au programme…

Que retenir des 63 pages et des 53 articles du projet Peillon ?

Les Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Ecole (ESPE  ) et la formation initiale
C’est un des points les mieux détaillés, présenté comme fondamental. Les ESPE   remplacent les IUFM  . Elles incluront, pour la formation initiale, de la théorie, de la pratique et des stages. Elles formeront TOUS les enseignant-e-s, de la maternelle à l’université. Par contre, rien sur la formation continue, sinon que les ESPE   y participeront (comment ?). Un cahier des charges pour la formation initiale reste à établir.

Le socle commun et les cycles
Là encore, c’est toujours aussi flou : la loi réaffirme la nécessité d’un socle commun… dont les éléments seront fixés plus tard, par décret ! (quand ?) La maternelle devient un cycle à part entière, tandis qu’un nouveau cycle CM2 / 6e apparaît entre élémentaire et collège. Ses modalités de fonctionnement ? Il faut attendre le décret !

Priorité au Primaire
Le rôle essentiel de la maternelle est réaffirmé. L’accueil des 2 ans est essentiel et doit être renforcé dans les zones d’éducation prioritaire, les secteurs ruraux isolés et l’Outre-Mer. Elle sera favorisée par des dotations en postes dès la rentrée 2013.
Les contenus des programmes du primaire sont décrits comme allant au delà des apprentissages fondamentaux, développant l’intelligence ( !), la sensibilité artistique, les aptitudes manuelles et physiques.
Rien sur l’aide personnalisée, dont nous ne voulons plus !. Les RASED « évolueront »… vers quoi ??? Vont ils être transformés en « plus d’adulte que de classes » comme le préconise V. Peillon ?

Secondaire, le grand oublié
Les DIMA (Dispositifs d’Initiation aux Métiers en Alternance) et la sélection précoce sont supprimés. Il faut aller dans les annexes du projet pour voir réaffirmer le collège unique et l’organisation des enseignants au collège et au lycée. Mais aucun cadre législatif !

Le numérique
« Un service public de l’enseignement numérique et de l’enseignement à distance est organisé. » Vaste fourre-tout, le numérique se présente comme la panacée universelle… avec derrière l’éternelle question des contenus et des moyens, de l’égalité à l’accès aux nouvelles technologies, l’entretien du matériel étant dévolu aux collectivités territoriales.

Les nouveaux conseils
Le Conseil National des Programmes et le Conseil de l’Evaluation à l’Ecole sont créés. Indépendants, ils devraient remplacer le HCE. Seront-ils purement consultatifs ou décisionnels ?

La décentralisation
Les collectivités territoriales sont souvent citées comme partenaires de l’Education nationale et sont appelées à avoir un rôle plus important dans le monde de l’enseignement, dès avant la prochaine loi de décentralisation. Il suffit de voir ce qui se prépare avec le transfert de l’Orientation aux régions.

Créations de postes
En annexe du projet, on trouve le détail des créations de postes.

  • 1000 postes pour l’enseignement agricole
  • 5000 postes pour le supérieur
  • 24000 postes pour l’enseignement scolaire : 14000 postes pour le primaire, (dont 3000 pour la maternelle, 4000 pour l’élémentaire et 7000 pour la mesure « plus de maîtres que de classe » ) et 7000 postes pour le secondaire… Mais où vont passer les 3000 autres postes ? Dans les écoles privées ?
  • 26000 postes pour la formation initiale.

Et sur les enseignants ?
Sur le temps de travail ? La carrière ? La revalorisation ? RIEN.

Et les fameux rythmes scolaires ?
Un vague retour à l’avant quinquennal Sarkozy ! 36 semaines de classe, 9 demi journées dans le primaire (mercredi matin sauf dérogation). A voir plus tard, après 2014…

Alors quoi ? C’est ça la Refondation ?
Le mammouth ministériel a accouché d’une souris, bilan d’un évident amateurisme, d’une impréparation aux responsabilités, d’une série de reculades et d’un manque d’ambition. Ce n’est pas une refondation que l’on nous propose, c’est la fonte de nos espérances en une école plus juste, plus humaine, plus solidaire, plus égalitaire.


Agenda

<<

2019

 

<<

Juillet

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930311234
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois