Le travail n’est pas la santé, bien au contraire...

dimanche 10 février 2013

Un enseignant peut travailler toute sa carrière sans jamais rencontrer un médecin du travail. Quand, dans le secteur privé et dans certaines administrations, les visites médicales préventives sont encadrées par une règlementation très stricte, notre employeur semble se moquer éperdument de notre état de santé, physique et psychologique.

Un absentéisme prétendument record

Pourtant les medias ne se privent pas de rabâcher l’absentéisme des enseignants qui atteindrait des records ! Même l’impayable Chatel et son brushing L’Oréal l’avait pourtant reconnu : si les enseignants sont plus souvent absents, c’est que d’une part le métier est très féminisé, et compte donc beaucoup de congés maternité, et que d’autre part, nous sommes au contact permanent des « bombes bactériologiques » que sont les enfants ! Donc nous tombons plus souvent malades que d’autres professions. Ce qui a été confirmé par un rapport, gardé au fond d’un tiroir ministériel… Mais cette spécificité professionnelle n’a pas empêché le précédent gouvernement de nous sanctionner d’une journée de carence en cas d’arrêt maladie ! La double peine, en quelque sorte !

Pourtant ce rapport laisse de graves zones d’ombres sur notre santé, révélées en partie par notre enquête sur la souffrance au travail. Parmi elles, les souffrances psychologiques. Depuis la rentrée de septembre 2012, l’Observatoire des conditions de travail de la FERC (CGT) a recensé 18 tentatives de suicides parmi les personnels éducatifs, dont 13 ont eu une issue fatale. Mais qui en parle ?

Pire que l’absentéisme, le « présentéisme » des salariés malades Nous l’avons tous fait un jour : pour un rhume, on ne s’arrête pas. Conscience professionnelle, crainte de ne pas être remplacé ou de surcharger les collègues, malgré nos maux et nos microbes, nous allons quand même travailler. Nous ne devrions pas : non seulement nous n’améliorons pas notre état (la récupération est plus longue, la santé plus fragile) - au risque de « refiler » nos microbes à nos élèves ou nos collègues -, mais nous travaillons moins et moins bien : plus lents, moins attentifs, plus irritables, moins performants. Il faudra souvent revenir sur ce qui a été enseigné. Cette tendance au présentéisme va sans doute être accentuée par la journée de carence.

Plus grave que absentéisme, le présentéisme

Plus grave, les salariés qui pratiquent le présentéisme sont plus largement sujets aux maladies de long terme, qui les empêchent durablement de reprendre le travail. Et battent des records... d’absentéisme ! Ils sont également davantage concernés par les troubles du sommeil, les problèmes digestifs, les douleurs dans le dos ou la nuque, un sentiment de déprime. Enfin, les salariés qui font du présentéisme ont deux fois plus de problèmes coronariens sérieux (type infarctus), comme l’ont démontré des chercheurs anglais.

Pour rester en bonne santé, il nous faut une médecine de ville de qualité, une médecine du travail qui joue son rôle de prévention, et la garantie d’être remplacés quand nous sommes malades. Et évidemment, une bonne couverture sociale, assurance maladie et mutuelle. C’est pourquoi SUD   Education revendique :

  • la mise en place d’un service de médecine du travail de qualité et de proximité pour tous les personnels
  • des personnels remplaçants titulaires en nombre suffisant
  • la défense d’une assurance maladie de qualité

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