L’adieu au changement

vendredi 28 mars 2014

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Journal mars 2014

Les articles

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- [*Réforme des rythmes*] : Pourquoi la réforme Peillon des rythmes scolaires est amenée à disparaître ?
- [*Conditions de travail*] : Classes surchargées : élèves sacrifiés, profs fatigués


Edito

Pour parvenir aux 50 milliards d’économies promises au MEDEF sur la période 2015-2017, « Si vous ne voulez pas qu’on vous les impose, faites vos propres propositions. » a demandé Jean-Marc Ayrault à ses ministres en début d’année. La fonction publique a d’ores et déjà contribué à l’effort de réduction du déficit : la progression de la masse salariale de l’Etat a été limitée à 1 % , un objectif qui s’est accompagné de mesures fortes, comme le gel du point d’indice. Reste qu’il ne fait aucun doute que de nouveaux efforts vont être imposés. Représentant potentiellement 1,2 milliard d’économies par an, le gel de l’avancement des fonctionnaires a été un temps évoqué. Mais il est, parait-il, écarté par le Premier ministre après la polémique déclenchée par Vincent Peillon le mois dernier.

« Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent » (Henri Queuille)

Une autre option est de revenir sur les 60.000 recrutements prévus à l’Education nationale durant le quinquennat, et donc sur la stabilité des effectifs de fonctionnaires, les créations de postes d’enseignant étant compensées par des suppressions ailleurs. A ce stade, environ 25.000 emplois ont été recréés dans l’enseignement, de la maternelle à l’université. Certains ministres plaident pour revenir sur une partie de quelques 35.000 postes restant à créer. En se limitant à 20.000 par exemple, l’Etat économiserait 500 millions à l’horizon 2017.

« La politique n’est pas l’art de résoudre les problèmes, mais de faire taire ceux qui les posent » (Henri Queuille)

De son côté, Vincent Peillon propose un deal étrange aux maires ruraux : la fermeture d’écoles contre le maintien du nombre d’enseignants. Une première convention a été signée avec l’association des maires du Cantal, pour une durée de trois ans. La rectrice s’est engagée à ne pas supprimer de postes d’enseignants dans le premier degré durant cette période, en échange de quoi les maires doivent notamment déployer plusieurs regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI). "Je souhaite que le modèle que nous avons expérimenté pour la première fois dans le Cantal soit appliqué à l’ensemble des départements (ruraux) qui le souhaiteront", a déclaré Vincent Peillon, le 25 février 2014. Cette gestion « des ressources humaines » ne tient évidement aucun compte ni des élèves (qui dit RPI dit transport scolaire, donc journée plus longue, donc plus de fatigue et plus de difficultés scolaires), ni des personnels, pions déplaçables à l’envi, ni bien évidemment, de la qualité des services publics de proximité. A l’évidence, les cadeaux au patronat et à la finance seront payés par les salariés, alors que l’Education nationale, objectif prioritaire affiché de Hollande, continue de subir des baisses de moyens.

De nombreux itinérants, notamment dans les RASED, n’ont toujours pas reçu de remboursements de leurs frais de déplacements. Et la ligne budgétaire pour le remboursement des frais de repas, quand un fonctionnaire change de commune dans la journée, est toujours vide. Non seulement les salaires n’augmentent pas (d’où perte de pouvoir d’achat constante depuis des décennies), mais encore de nombreux salariés paient de leur poche pour pouvoir exercer leur métier ! Et ce n’est pas la misérable prime versée aux personnels du premier degré (moins d’un euro par jour net) qui va calmer la grogne.

¡ Ya basta !

Assez de promesses mensongères ! Assez d’être les enseignants les plus mal payés d’Europe ! Assez d’avoir le plus d’élèves par classe en Europe ! Assez d’avoir le temps de service le plus long ! Assez d’être pris pour des imbéciles ! Il est grand temps de construire un grand mouvement revendicatif pour que cessent les cadeaux aux patrons !

Nous voulons des moyens humains et financiers, des salaires à la hauteur de nos qualifications, une réduction de notre temps de travail et la prise en compte de sa pénibilité pour le calcul de notre retraite !


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