Déclaration au CSASD du 5 septembre 2024

jeudi 5 septembre 2024

Les personnels de l’Éducation nationale ont donc retrouvé le chemin de leurs écoles et de leurs établissements scolaires. Mais l’inquiétude domine.

Contrairement au recteur qui se satisfait des conditions de rentrée, nous dénonçons des conditions de travail dégradées pour les élèves et les personnels. Si, selon ses dires, "il y a un professeur dans chaque classe", c’est au prix de services morcelés, sur plusieurs établissements pour beaucoup de collègues et d’emploi du temps déplorables. Beaucoup de collègues TZR et TRS sont affecté-e-s de manière opaque, sans toujours respecter la hiérarchie des barèmes, ni l’intérêt pédagogique des établissements.

L’école ne s’est pas remise ni des 8000 suppressions de postes dans le second degré depuis l’arrivée au pouvoir de Macron en 2017, ni de la pénurie de professeurs des écoles, ni des réformes de casse de l’école publique engagées par Blanquer puis Attal.

La mise en œuvre à marche forcée du Choc des Savoirs avec la généralisation des évaluations nationales dans le premier degré et l’enseignement du français et des mathématiques en groupes en sixième et en cinquième font l’objet de fortes résistances dans les écoles et les collèges puisque l’ensemble de la communauté éducative continuent de les dénoncer. Les personnels s’emploient, sur le terrain, à appliquer “le moins possible” l’injonction à casser les groupes classe en français et en mathématiques en créant le moins de groupes possibles et en constituant des groupes hétérogènes. De même, dans les écoles, les personnels se préparent à refuser de faire passer les évaluations nationales de rentrée.

Cette politique éducative, et en particulier les évaluations nationales et Parcoursup aggrave le mal-être et l’anxiété chez les jeunes. Les évaluations nationales, standardisées, ne respectent pas l’hétérogénéité des rythmes d’apprentissage et de développement des élèves, elles s’opposent à l’objectif d’une école plus inclusive en imposant des normes et des repères annuels.

L’augmentation du nombre d’élèves en situation de handicap à l’école de 35% depuis 2017 est une avancée pour le droit des enfants d’accéder à l’école, néanmoins les moyens humains et matériels pour les accueillir sont très insuffisants. Le ministère de l’Éducation nationale poursuit sa logique de mutualisation des moyens et refuse d’accorder sa politique salariale à l’objectif d’inclusion. Il n’y aura pourtant pas d’inclusion réussie à l’école sans réduction conséquente des effectifs dans les classes, sans la reconnaissance du métier d’AESH par la création d’un vrai statut de la Fonction publique, sans l’intervention de personnels médico-sociaux dans l’école et sans formation des personnels.

Face aux grandes difficultés de recrutement des personnels enseignants, AESH et médico-sociaux, Gabriel Attal a fait du renforcement de l’attractivité de nos métiers une priorité, et à nouveau c’est un échec cuisant dont l’école paiera le prix fort.

Face aux défis que doit relever l’école, le gouvernement doit faire des choix budgétaires forts à l’occasion du Projet de Loi de Finances 2025. Financé à 75% par l’argent public, l’enseignement privé consomme 10,5% du budget de l’éducation en 2022 (10,4 milliards d’argent public, son budget a augmenté de 27% entre 2014 et 2024, davantage que le budget du public. Sans compter les « bonus » que les régions accordent, bien au-delà de leurs obligations légales. Une enquête de Mediapart vient de sortir et estime cette rallonge à 1,2 milliards d’euros d’argent public : une paille.

Sachant que les financements obligatoires des régions se sont élevés à 3 milliards d’euros entre 2016 et 2023, la somme de 1,2 milliard découverte par Mediapart représente une « rallonge » de quasiment un tiers, accordée sur la seule base du volontariat à certains lycées privés qui le réclamaient. Et ce, alors que leurs élèves sont issus de milieux plus favorisés que ceux du public. Quand on rapporte ces subventions au nombre d’élèves inscrit·es dans le privé, c’est la Bretagne, qui arrive en tête avec 5 610 euros par lycéen·ne.

La casse du service public d’éducation profite à l’enseignement privé dont la fréquentation est en augmentation

L’Éducation nationale organise et finance la ségrégation scolaire : la présence de l’établissement privé nuit à la mixité sociale.

Il y a urgence à mettre sur la table le sujet du financement de l’enseignement privé à l’occasion des débats sur le budget 2025 afin de garantir un vrai service public d’éducation laïque sur tout le territoire.


Agenda

Array

<<

2026

 

<<

Juin

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293012345
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois