Déclaration liminaire de SUD Education 29 au CSASD du 12 février 2026

jeudi 12 mars 2026

Madame la Directrice Académique des Services départementaux de l’Education nationale,
Mesdames et messieurs les représentant-e-s de la DSDEN.

Comme ses prédécesseurs, l’actuel ministre de l’Education Nationale s’illustre par les effets d’annonce. Ainsi nous devrions le remercier pour avoir alléger la nouvelle saignée à laquelle ce gouvernement soumet le service public d’éducation. Mais le compte n’y est pas à nos yeux, loin de là. Ce n’est pas le nombre de postes "sauvés" qui nous sert de boussole, mais les besoins des écoles et des établissements pour fonctionner de manière satisfaisante.

Les discours restent en totale contradiction avec les actes au niveau national comme au niveau local : lutte contre l’échec scolaire, contre le harcèlement, pour l’égalité hommes-femmes, pour la santé mentale, pour l’Ecole Inclusive, pour l’EVARS ... autant d’objectifs que SUD éducation 29 pourraient approuver s’ils n’étaient adossés à un manque cruel de moyens humains sans cesse en déclin. En lieu et place de ces intentions progressistes, c’est la gestion comptable qui prédomine, au service d’une classe dominante toujours plus avide de profits.

La baisse démographique et l’instrumentalisation des conflits internationaux servent aujourd’hui de prétexte à cette politique d’austérité pour notre service public. Au lieu de profiter de la baisse démographique pour atteindre ces objectifs éducatifs fondamentaux, réduire les inégalités, permettre aux jeunes de s’émanciper tout en renforçant la cohésion sociale, l’urgence semble être de réduire les dépenses publiques et de dégrader davantage les conditions de travail des personnels et des élèves.

Cette politique est non seulement injuste socialement, mais elle est aussi délétère pour le pays.
Les discours sur l’éducation à la citoyenneté, la liberté d’expression, "l’école de la confiance" ou les valeurs de la république sont eux aussi d’une grande hypocrisie quand on voit qu’un de nos collègues est convoqué au Rectorat de Rennes pour avoir afficher en salle des personnels de son établissement son soutien au peuple palestinien qui vit actuellement sous les bombes à Gaza et subit le harcèlement des colons en Cisjordanie. Et ce, au mépris de la loi Lepors du 13 juillet 1983, qui garantit la liberté d’opinion et d’expression des fonctionnaires, de la reconnaissance de l’état palestinien par l’état français et de la simple compassion que l’on peut manifester à l’égard d’un peuple en souffrance, quelles que soient nos opinions politiques. Le devoir de neutralité ne peut être invoqué dans un lieu réservé aux personnels.

Nous revendiquons donc, à court terme :
 le gel de la suppression des postes prévus, et l’embauche progressive d’enseignant-e-s, d’AESH, de personnels de vie scolaire, de personnels médicaux-sociaux, de personnels administratifs qui permettront enfin de réduire de manière significative les effectifs dans les classes et assurer l’accompagnement des élèves dans tous les domaines de leur vie scolaire ;
 le respect de la liberté d’expression des personnels sans interprétation exagérée du devoir de neutralité et du devoir de réserve.

Dans les semaines à venir, avec les organisations syndicales qui soutiennent, comme nous, ces revendications, nous encouragerons nos collègues à se mobiliser afin de faire connaître la situation de leur établissement et de construire le rapport de force nécessaire pour faire aboutir ces revendications.


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