Déclaration préalable de SUD Éducation Bretagne au Conseil Social d’Administration académique du 7 avril 2026
Mesdames et Messieurs les membres du Comité Social d’Administration de l’Académie de Rennes,
Ce CSA consacré à la préparation de la rentrée 2026 s’inscrit une nouvelle fois dans un cadre contraint, marqué par des choix budgétaires qui ne répondent pas aux besoins réels du service public d’éducation.
Les chiffres et analyses transmises par l’académie mettent en avant une stabilité globale des moyens. Mais derrière cette apparente stabilité, nous constatons surtout une logique de gestion de la pénurie. Les suppressions de postes, compensées par des transferts internes, traduisent une absence de volonté politique de renforcer réellement les services publics d’éducation.
La baisse démographique est utilisée comme principal argument pour justifier ces ajustements.
Pour SUD Éducation, cette approche est inacceptable. La diminution du nombre d’élèves devrait être l’occasion de renforcer le suivi et l’accompagnement des élèves et d’améliorer les conditions de travail des personnels, notamment par l’augmentation du nombre d’agent-es par élèves et la baisse des effectifs par classe. Or, ce n’est pas le choix qui est fait.
Nous alertons encore une fois sur la dégradation continue des conditions de travail. Les remontées des personnels sont claires : augmentation des situations complexes, inclusion d’élèves à besoins particuliers sans moyens suffisants, manque de personnels médico-sociaux, tensions accrues dans les établissements. Les personnels sont à bout, et les réponses apportées ne sont pas à la hauteur.
Cette situation suscite une mobilisation croissante. Ainsi, à Rennes, nous étions 400 à manifester le 19 mars et près de 1000 le 31 mars pour dénoncer ces suppressions de postes et la dégradation de nos conditions de travail. Des mobilisations ont eu lieu partout en France. Le 27 janvier, plus de 300 personnes s’étaient déjà rassemblées devant le rectorat pour exiger une dotation à la hauteur des besoins, dans un département où le taux d’encadrement est parmi les plus faibles du pays.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : depuis la rentrée, 1600 signalements ont été déposés sur le registre santé et sécurité au travail. Ils témoignent d’une souffrance massive des personnels. Et pourtant, plutôt que de répondre à cette situation, le ministère choisit de restreindre les conditions de dépôt de ces signalements, voire d’en invalider certains. Quand on ne veut pas faire baisser la température, on casse le thermomètre. Cette stratégie est inacceptable.
Concernant l’inclusion scolaire, nous dénonçons une politique d’affichage qui repose en grande partie sur l’engagement des équipes, sans moyens humains et matériels suffisants. Cette situation met en difficulté à la fois les élèves concernés et les personnels.
Nous prenons acte de certaines mesures ciblées, notamment en direction de l’éducation prioritaire ou du médico-social, mais elles restent très insuffisantes au regard des besoins constatés sur le terrain.
Pour SUD Éducation, une autre politique est possible et nécessaire. Elle passe par :
– des créations massives de postes
– une réduction des effectifs par classe
– un renforcement des équipes médico-sociales
– des moyens à la hauteur des enjeux de l’école inclusive
Dans ce contexte, SUD Éducation ne peut que s’opposer aux orientations présentées pour la rentrée 2026, qui traduisent une poursuite des politiques d’austérité dans l’éducation.
Nous continuerons à porter les revendications des personnels et à défendre un service public d’éducation ambitieux, émancipateur et réellement doté des moyens nécessaires.

