Déclaration liminaire au CSA-SD du 25 juin 2026

vendredi 26 juin 2026

Le nouvel épisode de canicule que nous subissons révèle une fois encore le manque total de volonté politique de notre ministère et de l’Administration de faire face à la situation de manière responsable. L’essentiel pour le Ministre semble être de faire de la communication pour laisser croire le contraire au plus grand nombre. Sur le terrain, nous ne pouvons que déplorer l’improvisation et l’absence de mesures permettant de limiter les effets de ces vagues de chaleur et leurs dangers. Des mesures urgentes s’imposent pourtant : formation individuelle et réflexion collective sur la conduite à tenir dans les écoles et établissements, isolation des bâtiments, installation de dispositifs d’aération, création de postes d’infirmier-e, végétalisation des cours bitumées, ... En lieu et place de ces mesures, les équipes de chaque école et établissement sont invitées à se débrouiller avec les moyens du bord, c’est à dire pas grand-chose, et le choix entre deux mauvaises solutions : accueillir les élèves dans des bâtiments inadaptés ou laisser les familles se débrouiller sachant qu’elles n’ont pas toujours de meilleures solutions de garde.

A l’heure où le gouvernement choisit de communiquer sur le dérèglement climatique, en 2 ans, le budget du plan vert pour 2027, permettant l’adaptation des bâtiments scolaires et des hôpitaux au réchauffement climatique, est passé de 2.5 milliards à 650 millions dans le budget 2026, car on préfère investir massivement dans l’armement. De son côté, le Conseil Départemental choisit d’investir, hors de son périmètre de responsabilité, dans l’armement de la police et la vidéosurveillance de certaines municipalités. SUD éducation alerte à nouveau sur l’irresponsabilité de ces politiques et revendique un véritable plan d’action pour faire face aux canicules dans les lieux d’éducation.

D’autre part, la situation des collègues TZR dans le second degré devient désespérante. La suppression massive de postes, sous le prétexte exagéré de la baisse démographique, a considérablement réduit les possibilités du mouvement. Le calcul des barèmes est totalement obsolète au regard de cette situation et condamne la plupart des collègues TZR à subir très longtemps, voire définitivement ce statut rarement choisi. Malgré de nombreuses alertes des collègues et de leurs syndicats, aucune mesure n’a été prise à ce jour par les services du Rectorat. A moins que la gestion comptable qui sévit dans le service public d’Education n’ait définitivement fait le choix de la réduction du budget aux dépends de la qualité du service, il serait regrettable de pousser à la démission les collègues concerné.e.s pour embaucher des contractuel.le.s inexpérimenté.e.s et/ou de passage dans l’EN. SUD éducation revendique donc :
 la création de postes à hauteur des besoins pour des conditions d’enseignement acceptables ;
 la réactualisation du barème attribué aux TZR ;
 la transparence des barèmes lors du mouvement ;
 des affectations à l’année suffisamment précoces pour participer à l’organisation de la rentrée.

Nous nous inquiétons par avance de la nouvelle méthodologie de la carte scolaire au regard des fusions et fermetures actuelles. S’agira-t-il de la même méthode que celle employée à Kerandon et que celle employée à Lorient entre les écoles Marcel-Pagnol et Bois du Château, sans concertation, sans préparation ? Nous tenons à rappeler que Sud éducation revendique le maintien des petites écoles, maillage indispensable des services publics de proximité et le recrutement massif de personnels pour faire vivre ces écoles. La baisse des effectifs doit être une opportunité pour améliorer la qualité du service public d’éducation.

Pendant que l’école publique manque cruellement de moyens financiers et voit ses classes et écoles fermer les unes après les autres, l’état continue de financer l’enseignement privé. Les écoles privées aggravent la ségrégation sociale et ce ne sont pas moins de 10 milliards d’euros qui sont octroyés par l’état à l’enseignement privé. En Bretagne le constat dépasse largement les statistiques nationales. Quand ils sont 22% d’élèves scolarisés dans le privé au niveau national, le chiffre grimpe à plus de 42% d’élèves bretons concernés. Nous en avons assez de voir notre enseignement public s’appauvrir pendant que le privé engraisse avec les deniers de l’état. De plus, ces établissements sous contrat privent de moyens l’école publique tout en ne respectant pas toujours leur part du contrat (respect des programmes, respect de liberté de conscience ...) Que penser des invitations faites aux écoles privées lors des conseil écoles collège ? Que penser des crucifix dans les salles d’examens ?

Depuis plusieurs mois, des révélations de violences sexuelles sur des enfants éclatent à l’échelle nationale dans le périscolaire et dans les établissements scolaires privés et publics. Car les enfants sont, avec les femmes, les premières victimes des violences sexuelles. Une fille sur cinq et un garçon sur treize sont concerné·es. Combien en Bretagne ? La plupart des enfants victimes connaissent leurs agresseurs, qui sont des adultes ayant une autorité sur elles et eux. Les enfants parlent, les parents dénoncent, la réponse c’est le silence complice, le silence coupable, de l’administration. L’administration ne protège pas les victimes et refuse de sanctionner véritablement les agresseurs. Dans le périscolaire plusieurs signalements avaient été faits sans que les personnels ou les hiérarchies ne réagissent. Dans les établissements scolaires, les victimes ne sont souvent pas crues, les informations préoccupantes et les signalements via l’article 40 ne sont souvent pas réalisés, et le résultat de tout cela c’est que les agresseurs ne sont pas suspendus et recommencent impunément. L’institution est restée trop longtemps dans le déni. Là encore , les moyens, surtout humains sont insuffisants.

C’est pourquoi SUD éducation demande à l’administration de mettre tous les moyens indispensables pour faire appliquer le cadre légal de protection des mineur·es et notamment des victimes de violences sexuelles. Nous réclamons également la formation de tou·tes les agent·es et la création d’une véritable cellule de veille qui puisse accueillir les témoignages le plus rapidement possible et protéger les enfants (et les personnels aussi) de ces violences.

Qui plus est nous posons la question du nombre de victimes en Bretagne, dans le privé et dans le public, une réponse claire du rectorat sur ce sujet s’impose.


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