Contre les "maîtres directeurs" hier (1987), contre la loi Rilhac aujourd’hui

jeudi 23 septembre 2021
par  sudeducation29

La proposition de loi Rilhac était à l’ordre du jour de l’Assemblée hier. Cette proposition de loi vise à donner une “autorité fonctionnelle” aux directeurs et directrices d’école.

La commission parlementaire des affaires culturelles et de l’éducation examinait hier la proposition de loi. À la majorité, cette commission a adopté un texte légèrement différent du texte voté par le Sénat en mars 2021 mais qui ne fait qu’aggraver les dispositions de cette loi.

Dans le Finistère, il nous appartient de donner de l’écho aux initiatives locales et nationales (rassemblements, banderoles, tribunes) pour de développer encore la mobilisation et empêcher la destructuration des écoles qui s’annonce. SUD éducation 29 prendra des initiatives en ce sens.

Une nouvelle hiérarchie dans l’école

Aujourd’hui, les directeurs et directrices sont les collègues des autres enseignant⋅es de l’école. Il n’existe aucun lien hiérarchique entre elles et eux. Les professeur⋅es chargé⋅es de direction ont en revanche des tâches administratives spécifiques, peuvent bénéficier d’une décharge d’enseignement en fonction de la taille des écoles et sont les interlocuteurs ou interlocutrices de l’administration et des mairies.

La situation actuelle est clairement insatisfaisante : les enseignant⋅es n’ont pas assez de temps de concertation, et les directeurs et directrices croulent sous les tâches administratives (toujours chronophage et parfois inutiles) qui s’accumulent. Pour SUD éducation, la solution ne réside pas dans le renforcement de la hiérarchie dans les écoles. Il faut au contraire permettre aux personnels d’assurer pleinement une gestion collective des écoles.

Une hiérarchie à l’école primaire, une vieille lubie des gouvernements

Le ministre Blanquer rêve d’instaurer une nouvelle hiérarchie à l’école. Il s’est appuyé pour cela sur la proposition de loi Rilhac. L’objectif de la loi est de transformer la direction d’école en un poste d’encadrement, doté d’une autorité fonctionnelle. Cela correspond à l’obsession autoritaire du ministre Blanquer, qui cherche sans relâche à imposer sa vision verticale et managériale de l’école aux personnels.

Instaurer une hiérarchie à l’école est une vieille lubie des gouvernements. La droite avait déjà essayé de l’imposer sans succès à deux reprises dans les années 70. En 1987, le gouvernement essaie d’instaurer un statut de “maître-directeur”. Un puissant mouvement de grève a fait échouer la tentative. La proposition Rilhac s’inscrit dans la continuité de ces tentatives réactionnaires.

La loi en discussion à l’assemblée nationale hier

La commission parlementaire des affaires culturelles et de l’éducation examinait hier, mercredi 22 septembre, la proposition de loi Rilhac. À la majorité, cette commission a adopté un texte légèrement différent du texte voté par le Sénat en mars 2021 mais qui ne fait qu’aggraver les dispositions de cette loi : comme on pouvait s’y attendre, les amendements visant à supprimer l’autorité fonctionnelle du directeur ou de la directrice ont été rejetés mais les membres de la commission ont même choisi d’abandonner les maigres compensations qui avaient été insérées dans la loi au Sénat. Ainsi, il n’est plus question de la création d’emplois d’aide administrative que l’Etat devait prendre en charge.

La version adoptée en commission prévoit par ailleurs que les décharges puissent continuer à être modulées selon le nombre de classes, comme c’est déjà le cas, mais aussi selon les "spécificités" de l’école. Cette formulation ouvre donc la voie à une attribution différenciée des décharges en fonction de la situation de l’école, des dispositifs particuliers qu’elle accueille mais aussi en fonction des tâches de coordination (coordination de PIAL, coordination de REP) qui seraient liées à l’école. Il ressort de la version adoptée en commission que le directeur ou la directrice aurait une autorité fonctionnelle avec de nouvelles responsabilités mais sans aucune garantie concernant l’augmentation du temps de décharge ou l’attribution d’une aide administrative. L’école libérale telle que Macron veut l’expérimenter à Marseille est bien en marche.

La mise en place d’une hiérarchie au sein de l’école

À rebours de ce qu’attendaient les directeurs et directrices d’école et de ce qu’avait mis en avant l’enquête lancée par le ministère après le suicide de Christine Renon, la commission parlementaire choisit de continuer la route tracée par ce gouvernement : la mise en place d’une hiérarchie au sein de l’école. Le texte doit maintenant être présenté à l’Assemblée nationale les 29 et 30 septembre. À Paris, un rassemblement est d’ores et déjà annoncé devant l’Assemblée nationale le mercredi 29 à 13h30 par une intersyndicale SNUipp / FO / SUD / CGT et CNT.

Dans le Finistère, il nous appartient de donner de l’écho aux initiatives locales et nationales (rassemblements, banderoles, tribunes) pour de développer encore la mobilisation et empêcher la destructuration des écoles qui s’annonce. SUD éducation 29 prendra des initiatives en ce sens.


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