Macron en campagne contre l’Éducation

Présidentielles 2022
jeudi 31 mars 2022
par  sudeducation29

Depuis son entrée en campagne, Macron a beaucoup communiqué sur l’éducation. Avant de parler des augmentations de salaires (voir en fin d’article la partie consacrée à ce sujet), il a commencé par désavouer (un peu) Blanquer dans sa lettre d’annonce de candidature en voulant « donner la priorité à l’école et à nos enseignants, qui seront plus libres, plus respectés et mieux rémunérés », et en insistant sur le retour des maths pour tout·e·s au lycée en contradiction avec la réforme des lycées entrée en vigueur durant son quinquennat. Nous ne sommes pas dupes de cette manœuvre visant à une hypothétique réconciliation avec la profession.

En réalité, tous les voyants sont au rouge sur la poursuite et l’accélération des transformations ultra-libérales de l’école.

Des pistes ont été avancées dans une tribune de AC Lang, députée LREM, au journal Le Monde, puis dans une sortie de campagne de Macron le 7 mars à Poissy : • attaques sur le collège avec un fonctionnement similaire de l’école primaire jusqu’à la 3ème • destruction des statuts et fin des concours de recrutement • autonomie accrue des écoles et établissements avec des pouvoirs encore étendus à la hiérarchie • le sport à l’école avec pour objectif de canaliser les élèves turbulents, dans la lignée du SNU destiné à mettre au pas la jeunesse • un choix possible à partir de la 5ème entre l’apprentissage d’une LV2 ou du codage... • faire rentrer de façon beaucoup plus régulière et systématique les entreprises dans les établissements, l’école semblant donc destinée à fournir de la main d’œuvre (Source : article du café pédagogique le mardi 8 mars http://www.cafepedagogique.net/LEXPRESSO/Pages/2022/03/08032022Article637823187121951483.aspx)

Quant à l’enseignement supérieur, le 13 janvier, en clôture du congrès de France Universités (ex-Conférence des présidents d’université), Macron déclarait « qu’on ne pourra pas rester durablement dans un système où l’enseignement supérieur n’a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants, où un tiers des étudiants sont considérés comme boursiers et où, pourtant, nous avons tant de précarité étudiante, et une difficulté à financer un modèle beaucoup plus financé par l’argent public que partout dans le monde ».

Une simple comparaison avec les voisins européens montre que l’enseignement supérieur français n’est absolument pas «  beaucoup plus financé par l’argent public que partout dans le monde  » et c’est même plutôt le contraire. La France se situe de ce point de vue en dessous de la moyenne européenne, très loin des pays nordiques où la puissance publique assure au moins 90 % des coûts et ne laisse aux ménages que des dépenses marginales (voire aucune en Finlande). Macron ment également en affirmant que les études supérieures sont quasi gratuites pour ceux qui en bénéficient, puisque les ménages français y consacrent 12 % de leur budget (source OC DE).

Dans la suite de Parcoursup, Macron veut préparer l’étape suivante : l’augmentation importante des frais d’inscriptions. Il est vrai que dans de nombreux endroits du monde (USA, Japon, Angleterre, Canada...) les futur·es étudiant·es s’endettent pour de longues années dès leur première inscription.

Macron et les augmentations de salaires « Travailler plus pour gagner plus »

Macron promet donc d’augmenter la rémunération des enseignant·e·s "mais avec de nouvelles missions ". Macron propose un pacte aux enseignant·e·s : « on vous demande de nouvelles missions qu’on est prêts à mieux payer comme le remplacement des profs absents, ça doit être une obligation, le suivi individualisé des élèves, l’accompagnement sur le temps périscolaire. Pour les enseignants en place, [il] propose un nouveau contrat. On augmente leur rémunération s’ils sont prêts à changer leur organisation. Toutes les nouvelles embauches sont sur la base de ces nouveaux contrats. [...] On va payer mieux ceux qui sont prêts à faire plus d’efforts".

Autrement dit, ces nouveaux contrats, c’est la fin annoncée du statut. C’est aussi une augmentation de la charge de travail avec une hypothétique augmentation de salaire, tout cela dans le cadre d’une retraite repoussée à 65 ans.


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