Dette des Etats : des préjugés qui ont la vie dure !

vendredi 8 juin 2012

Le Collectif pour un Audit Citoyen de la
dette publique (CAC) tente d’expliquer au
plus grand nombre les enjeux de la crise
économique actuelle. Il insiste sur le fait
qu’il ne faut pas se résigner car des solutions
existent. Il est nécessaire de donner
de la voix et de se faire entendre dans le
débat public.
Le Collectif dénonce 6 stéréotypes fortement
bien ancrés dans l’imaginaire collectif
et qui seraient aux origines d’une dette
publique toujours plus lourde.

"La dette publique est la conséquence d’une explosion des dépenses publiques."

Cette affirmation est fausse. En effet, la
dette n’a cessé de décroître entre
1993(année où elle a atteint son plus haut
taux) et 2007. Il n’y a jamais eu d’explosion
des dépenses et pour comprendre le
creusement des déficits publics, il y a d’autres
explications. Le manque de recettes
fiscales ou la crise financière de 2007-08
sont beaucoup plus pertinents pour
essayer d’analyser la situation.

"La France n’est plus capable de financer son train de vie, nous vivons au dessus de nos moyens."

Nouvelle inexactitude ! C’est la baisse des
recettes et non l’explosion des dépenses
qui est responsable des déficits. La mainmise
des marchés financiers sur nos économies
nationales les dégrade chaque jour
davantage.

"Ce sont les Etats qui sont responsables de la crise de la dette, les marchés financiers n’y sont pour rien !"

Encore une fois énorme contre-vérité. Il
est prouvé par de nombreux experts économiques
que la crise financière a débouché
sur la crise de la dette en Europe. Le
fait de permettre de spéculer toujours plus
sur les dettes publiques a aggravé la situation
(avec un rôle et un pouvoir sans cesse
croissant des banques privées accompagnées
par leurs armées de traders). La
solution semble relativement accessible, il
faut que les Etats se mettent d’accord
pour peu à peu désarmer les marchés.

"Il n’y a pas d’autre choix que de rassurer les marchés financiers."

On veut nous faire croire que les marchés
financiers sont la clé de l’économie. On
nous répète qu’il faut faire preuve
de"réalisme". L’Etat se bornerait à n’être
qu’une entreprise qui se doit d’être "compétitive"
en investissant tout en partageant
le moins possible les richesses
créées. C’est bien évidemment faux, une
nouvelle fois. D’autres options économiques
sont possibles en se donnant les
moyens d’un financement public et
démocratique de cette économie. On
peut aussi imaginer une relance qui ne
serait pas tournée vers la croissance à tout
prix mais vers les services et les biens communs
pour une prospérité de qualité.
Mais à la place, on veut imposer l’austérité
pour "rassurer les marchés" ; Non seulement
on ne s’attaque pas au problème
mais on aggrave la situation !

"Il faut imposer zéro déficit comme règle d’or des finances publiques"

C’est à la fois un énorme non-sens et très
dangereux. En effet, l’Etat doit se donner
les moyens d’intervenir dans l’économie
en investissant pour par exemple améliorer
le futur. Il doit donc parfois accepter
d’être plus ou moins endetté. Il est essentiel
que l’Etat intervienne dans l’économie
de son pays quand les entreprises diminuent
leurs investissements et que donc la
consommation des ménages se trouve
restreinte. De ce fait le concept de "zéro
déficit" est tout simplement utopique !

"Pour nous sortir de la dette il faut serrer les boulons, prendre des mesures douloureuses et réduire les dépenses."

Ce dernier stéréotype reste aussi mensonger
que les 5 autres. Dans les faits, la
recherche maniaque de "compétitivité"
entraîne la France et l’Europe dans une
surenchère de baisse des revenus, de coupes
dans la protection sociale, un dumping
social qui débouche sur la récession
et enfin de nouveaux déficits accentués
par des coups de boutoir dans la fiscalité
directe. En un mot le remède s’avère plus
nocif que la maladie !

Pour conclure, le Pacte Budgétaire que
nous impose l’ensemble des pays membres
de la zone euro s’apprête à imposer
une véritable camisole budgétaire à l’ensemble
de ses habitants. Une vraie rupture
au plan européen est plus que jamais
nécessaire pour sortir de la crise et de la
dette.

Cela n’est possible qu’en tordant le cou
une bonne fois pour toute à tous ces préjugés
qui nous polluent l’esprit au quotidien
et font les affaires de ceux qui les colportent.

SUD éducation 29 appelle à rejoindre les
collectifs pour un Audit Citoyen de la
dette publique déjà actifs dans le Finistère
(Brest, Quimper, Morlaix...).


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