« En marche » avant, « En marche » arrière, mais à la botte de Macron

lundi 3 juillet 2017
par  sudeducation29

Journal de juin 2017

  • [1er degré] : Nouveaux rythmes scolaires : Un recul de l’encadrement éducatif des jeunes
  • [personnels] : Circulaire remplacement : Cherchez les coupables !
  • [Actualité] : L’industrie du tourisme contre le bien être des élèves

    Édito

Le nouveau ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer ne nous est pas inconnu puisqu’il a fait carrière en tant que recteur d’académie, puis comme numéro deux du ministère sous l’ère Sarkozyste (2009-2012) et directeur de l’ESSEC (Ecole Supérieure des Sciences Economiques et Commerciales). En bref, un classique serviteur de la main droite de l’Etat, celle de la « modernité » et du « dépassement des clivages » en tous genres au service des nouvelles et libérales politiques publiques (traduction : à bas les opposants et les archaïques !). On sait que ce chaud partisan des solutions de terrain, de la créativité et de l’innovation nous avait livré une facette de son imagination débordante en proposant de rémunérer les élèves non-absentéistes de l’Académie de Créteil dont il était le recteur il y a quelques années. En écho du fameux « terrain », il s’était attiré les foudres de la FCPE qui avait justement dénoncé la sacralisation de l’argent-roi qui guidait ce projet (« une perversion du sens de l’école et des objectifs de l’éducation nationale »).

Où est l’ambition éducative ?

Dans un entretien au Monde le 20 mai, le ministre vient de préciser sa vision de l’école et l’action qu’il compte mener. Tout au long de l’interview, l’important est dans la primauté des moyens sur les fins. On va fébrilement surveiller la comptabilité et tranquillement accentuer l’hétérogénéité des conditions d’enseignement.

Dans le premier degré, le ministre n’exclut pas de sacrifier le dispositif « plus de maîtres que de classes » au profit de celui des classes de CP à 12 élèves en REP+ (Réseau d’Education Prioritaire renforcé) basé sur des dédoublements. Tout dans le déni Macronien, Blanquer «  ne veut pas tomber dans le travers d’imposer partout la même façon de faire » et veut tenir compte que dans certaines villes les dédoublements posent un problème de locaux et qu’ailleurs le dispositif donne satisfaction. Où est l’ambition éducative  ?

Rythmes : sur la base du volontariat

Concernant les rythmes scolaires, l’attention aux réalités de terrain s’arrête aux remontées des municipalités. Et bien sûr, certaines « se satisfont de l’organisation actuelle, d’autres voudraient probablement changer ». On va donc « lancer des concertations locales et des expérimentations… sur la base du volontariat », le vocabulaire en vogue dans la technosphère tourne à plein régime. Mais c’est sans oublier le tabou social qui caractérise les décideurs, en effet Mr le Ministre affirme que « sur les rythmes, il faut se garder des certitudes » et qu’ « aucune étude ne tranche quant à l’impact sur les résultats scolaires ». C’est à se demander si ce ministre par ailleurs friand d’évaluation a vraiment lu les rapports sans appel de l’Inspection Générale de l’Education Nationale depuis deux ans  !

Restauration et attractivité

Pour les collèges, opération continuité sur l’autonomie des établissements. Mais ce qui choque notre ministre est l’injustice faite aux classes bilangues, aux sections européennes et à l’option latin. Pour lui, ces dispositifs ne créent pas de ségrégation, mais sont des outils de promotion pour tous qui « rendent attractifs des collèges qui ne l’étaient pas » !

On est là en plein discours réactionnaire et concurrentiel  : on balaie d’un revers des décennies d’acquis en sociologie de l’éducation concernant les inégalités et on somme des établissements de service public d’être « attractifs » pour justifier leur existence.

SOS Education

Il semble que ce haut fonctionnaire, servant sous la droite comme sous la ni-gauche-ni-gauche de Macron, ait été plutôt familier des colonnes de l’association SOS Education qui œuvre pour un projet scolaire ultra-libéral et qui a soutenu la candidature de François Fillon. Son arrivée au ministère a été saluée par elle, ce qui ne doit rien au hasard.

En tout cas, la nouvelle donne politique est de toute clarté derrière un ton d’équivoque permanente : il faut concrétiser les engagements d’Emmanuel Macron dans une logique presque plébiscitaire au nom du « nouvel optimisme français » selon le terme employé par Le Monde.

Nous ne pouvons accorder aucune légitimité à ce projet, issu d’un scrutin dont les vainqueurs n’ont aucun intérêt à chercher la signification. Ce ne sont pas 66% des électeurs qui ont choisi le candidat En Marche, c’est un grand nombre d’électeurs de gauche ou progressistes qui ont voté par défaut pour éviter le péril Le Pen. Ce scrutin est aussi celui où on a compté 12 millions d’abstentionnistes et 4 millions de votes blancs et nuls, soit le plus haut niveau depuis longtemps au deuxième tour.

Ce ministre et son projet doivent être combattus sans concessions pour une école vraiment démocratique, où la bienveillance doit s’appliquer à tous, et où l’exigence vaut aussi et d’abord pour ce ministre de l’oligarchie  !


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