Reprenons le débat : Faut-il désobéir ?

lundi 16 novembre 2009

La vague de réformes qui a affecté l’école en 2008-2009 et l’absence d’une véritable mobilisation collective ont entrainé des enseignants à désobéir. Si la plupart d’entre eux, sans en faire étalage, ont contourné les règlements afin de ne pas « vendre leur âme » à Darcos et consort, d’autres ont manifesté leur désaccord auprès de leur hiérarchie. Ces collègues ont pour la plupart été très médiatisés et sont actuellement jugés et sanctionnés.

Se positionner devant cette forme de résistance

SUD   éducation s’interroge sur la position à adopter face à cette forme de résistance. Bien sûr, la désobéissance reste un acte individuel et les syndicats sont là pour, au contraire, fédérer les mécontentements, pour en faire des luttes véritables et collectives qui seules nous semblent pouvoir faire reculer le gouvernement. Aucune initiative individuelle, si légitime soit elle, ne peut en effet produire de changement à l’échelle nationale. Pourtant force est de constater qu’aucune mobilisation d’ampleur n’existe depuis la grève du 20 novembre 2008 pour empêcher les contre réformes de Darcos de se mettre en place dans le premier degré. Nous assistons en cette rentrée à une mise en place sans heurts de l’aide personnalisée, dans la continuité de ce qui s’est fait l’année scolaire passée. Comme si, au bout d’un an, tous les enseignants avaient intégré et accepté la perte de 2 heures hebdomadaires pour tous les enfants, émiettées et redistribuées hors temps scolaire à quelques-uns.

Déobéissance et lutte collective

Pourtant, ça et là, des voix continuent à s’élever notamment parmi des spécialistes reconnus des rythmes de l’enfant. Le professeur Hubert Montagner a par exemple envoyé aux « désobéisseurs » sanctionnés des lettres de soutien dans lesquelles il exprime en termes très directs son opposition à cette pseudo aide aux enfants en difficulté. La médiatisation des désobéissances aura permis de parler des réformes et de sensibiliser davantage les familles.

Historiquement, des actes individuels de résistance ont parfois débouché sur des luttes collectives grâce auxquelles des avancées ont été possibles. Toutefois, les initiatives isolées et non coordonnées risquent de déboucher sur autant de cas de répression dans lesquels certains Inspecteurs d’Académie (IA  ) peuvent « régler des comptes ».

Les premières initiatives de ce type, notamment autour du refus de Base Elèves et de la mise en place de l’aide individualisée, ont immédiatement engendré le scepticisme et la prise de distance des organisations syndicales majoritaires. Dans ces conditions, l’addition des refus individuels peut-elle constituer une stratégie syndicale ? SUD   éducation, en tant que syndicat de lutte, a nécessairement été traversé par cette question.

La Fédération SUD   éducation et ses syndicats continuent de soutenir concrètement et activement les « désobéisseurs » punis par la hiérarchie. Dans le même temps, nous voulons, avec vous, nous interroger sur une manière de donner à ces luttes individuelles et clairsemées une réelle perspective collective. Nous voulons saisir cette occasion pour ouvrir un débat sur les méthodes de lutter contre la destruction de l’Ecole Publique.

Cette question de la désobéissance enseignante sera à l’ordre du jour de la prochaine AG   de SUD   éducation 29 le vendredi 11 décembre à 18h45 aux Genêts d’or, Vieux bourg à Châteaulin.


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