Paroles de directeurs et directrices

vendredi 3 novembre 2023

À chaque nouvelle rentrée les directeurs et directrices d’école sont bercés par les mêmes promesses : moins de missions et un travail administratif facilité.

Pourtant ils/elles ne se font guère d’illusions et la réalité est inverse.
Non seulement la charge de travail augmente, le poids des responsabilités s’alourdit et les missions qui leur sont attribuées sont toujours plus complexes, mais s’y ajoutent dans certaines circonscriptions des problèmes de communication avec la hiérarchie, laissant les collègues directeurs.trices démunis, voire en colère.

Nous les avons appelé.es pour recueillir leur ressenti et faire le point ensemble sur cette rentrée. Extraits.

Temps de travail :
« La colère monte au niveau de la pression subie et la surcharge de travail est énorme. On est débordés. En plus il y a des animations pédagogiques le mercredi après-midi : que font les organisations syndicales ? »
« La charge administrative est trop lourde et le service civique ne suffit pas. Il faudrait remettre en place les EVS (Emploi de Vie Scolaire) »
« Nous sommes fatigués.es, surbooké.es… On nous rajoute plein de séminaires et visio-conférences en plus des réunions de directeurs.trices, des évaluations d’école et de Phare »
« On a besoin de davantage de temps de décharge. Même avec le double je ne pourrai tout faire correctement. Il y a un moment où on n’est plus dans les clous mais tant pis. »
« Si je n’avais pas cette décharge complète je ne m’en sortirais pas. Je ne sais pas comment font les collègues qui doivent faire classe »
« La première quinzaine de septembre avec des notes de service presque tous les jours et la classe à gérer c’est vraiment trop »
« Des visios dans l’heure de midi...ça n’avance pas mais ça bouffe du temps »
« On n’a plus le temps pour des projets plus aboutis. »
« Je ne compte plus les heures de direction. Heureusement que pour les PS c’est l’accueil qui compte pendant la première période. »

Charge mentale, dépassement et culpabilité
« La charge mentale est énorme : j’ai toujours cinquante trucs qui tournent dans ma tête en même temps. Et ça ne s’arrête jamais. »
« Même pendant la classe je suis tenté.e de prendre connaissance de mes mails. »
« J’ai l’impression de sacrifier ma classe. »
« J’ai moins de temps pour mon métier d’enseignante. »
« On arrive en octobre et j’ai l’impression de n’avoir encore rien fait pour ma classe. »
« Le plus difficile c’est de s’investir autant dans la classe que dans la direction. »

Plan harcèlement / Phare
« Les medias nous inondent au sujet du harcèlement et maintenant tout va être du harcèlement : il faut aussi trouver un référent école, constituer une équipe et appliquer le protocole Phare dès qu’une situation de harcèlement est détectée comme telle… Est-ce que les IEN touchent des primes au nombre de dossiers Phare ?! »
« On fait ça quand ? Dans l’heure de midi puisqu’on ne peut pas prendre sur le temps scolaire : donc c’est encore du bénévolat ! »
« Ce plan c’est épuisant : on commence et ça ne s’arrête jamais. »
« Le référentiel Phare c’est juste énorme à mettre en œuvre si on veut appliquer le protocole »

La loi Rilhac :
« En réalité ça ne change rien à mes pratiques ni au fonctionnement de l’école. Je suis très bien entourée par mes deux autres collègues.
« On espérait ne plus avoir à faire et rédiger le PPMS (Plan Particulier de Mise en Sûreté) mais finalement on va devoir le faire jusqu’en 2028 ! » (plusieurs réactions similaires)
« La mairie ne comprend pas pourquoi c’est encore aux écoles de remplir le PPMS »
« La loi va encore alourdir la charge de travail »
« On demande au directeur d’être une courroie de transmission entre l’administration et les collègues et de gérer les tensions que cela engendre au sein des équipes. »

Le Pacte :
« Des collègues se sont inscrites pour le dispositif « stages de réussite »
(Sinon aucun retour pour la brique de soutien français/maths dans les collèges de la part des directeurs.trices contacté.es.)
« Des collègues se posent des questions pour savoir si elles n’accepteraient pour bénéficier de meilleurs revenus pour des missions qu’elles font déjà (école du dehors) »

Ras-le-bol :
« Nous sommes plusieurs collègues à vouloir quitter l’EN. »
« Mais qu’est-ce que je peux faire d’autre ? »
« La rentrée a été très difficile. La tension monte. Il y a eu beaucoup de changements au niveau de la circo. Ils sont noyés ou absents. Il y a des difficultés de communication » (pas de retour suite à un signalement alors que le procureur a réagi dans le quart d’heure)
« On se sent isolé.es. Il manque un espace d’échange. Il faut chercher des leviers pour une bonne communication. Il y a trop de silences et d’absences de retour de la part de la hiérarchie »
« Le même projet surf que l’on fait chaque année est refusé pour la première fois… Parce que ce n’est pas le bon formulaire »
« Les classes orchestre et les projets musique et danse avec DUMistes ne sont toujours pas validés »
« Le ressenti est épouvantable, pour les collègues adjointes aussi. Il y a toujours plus d’injonctions »

Evaluation d’école
« Une charge de travail énorme pour rien puisque l’institution n’apporte pas de réponse à nos besoins. »


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