Déclaration préliminaire - CDEN avril 2015

mardi 7 avril 2015

La campagne électorale venait juste de se terminer, et dès le lendemain, l’Éducation nationale nous sortait de son chapeau son projet de carte scolaire dans le département.

Sur la forme, SUD   éducation dénonce cette conception très particulière de la démocratie et peu encline à éclairer le citoyen dans ses choix électoraux. Comme en avril 2014, le gouvernement a choisi de repousser les opérations de carte scolaire après les élections, SUD   éducation réitère son opposition à cette décision qui retarde d’autant les opérations du mouvement avec des conséquences négatives pour les collègues qui souhaitent muter et sur les personnels administratifs dont la charge de travail est alourdie parce que resserrée sur une période plus courte.

Sur le fond, nous sommes abasourdis par le nombre de postes supprimés : alors que le département doit rendre 7 emplois, la directrice académique choisit de fermer 36 classes, n’en ouvrant que 14 et une CLIS  . C’est une hécatombe qu’aucune donnée démographique ne justifie qui va dégrader de manière irréversible le service public d’éducation, surtout en secteur rural.

Alors que l’École devait être la priorité du quinquennat Hollande, on aurait pu s’attendre sur le terrain à une amélioration des conditions d’enseignement. C’est le contraire que vont subir les 36 écoles qui verront une classer fermer. Les conclusions de l’étude de Piketty et Valdenaire (de l’École HESS) ont officialisé ce que les enseignants savent depuis longtemps : la réduction de la taille des classes a bel et bien un impact sur les résultats scolaires et peut devenir un instrument efficace de réduction des inégalités à l’école, et ce d’autant plus que les élèves concernés sont issus de milieux défavorisés. SUD   éducation réclame des moyens supplémentaires pour toutes les écoles qui en justifient la demande par un constat de difficultés scolaires et sociales importantes.

Dans la carte scolaire présentée par Madame la Directrice académique, l’enseignement bilingue se taille la part du lion des ouvertures, alors que de nombreuses écoles, au regard d’effectifs chargés, en auraient eu elles aussi bien besoin.

Comment imaginer par exemple rendre attractif le centre Finistère si on affaiblit les services publics dans cette partie du département ? Quand à la suppression de plusieurs postes ASH, elle est un mauvais signal en terme de scolarisation des enfants handicapés. Et que dire du grand vide concernant les RASED et les postes de remplaçants ? Est-ce un oubli ou un abandon pur et simple ?

Dans le 2nd degré, le tableau n’est pas plus rose. A Brest, par exemple, élèves, parents et enseignants sont mobilisés contre la suppression d’une classe de terminale à Dupuy de Lôme. Au lycée Lesven, c’est la suppression d’un poste de CPE   et d’un poste d’adjoint administratif, et au lycée Vauban, à coté, celle d’un poste de CPE  . Ces mauvaises nouvelles tombent après le refus en janvier de faire bénéficier le collège Kerhallet du label REP+, sur ces chiffres faux, et la perte de moyens qui va avec.

​La liste des établissements victimes de suppression de postes d’ASEN   - les surveillants – est, elle aussi, édifiante et riche d’enseignements. Perdent des postes les lycées Chaptal à Quimper (2 postes), Vauban à Brest (1 poste), Pont de Buis, Dupuy de Lôme (Brest), Plouhinec, Morlaix et Carhaix (un demi poste)
Comment ne pas voir là une volonté de cibler les établissements technologiques et professionnels du Finistère ?
Les lycées Brizeux à Quimper et Kérichen à Brest bénéficient quant à eux d’une ouverture. Nous ne doutons pas que ces lycées généraux en ont aussi besoin. Mais comment peut-on appliquer les mêmes critères d’attribution de poste de surveillants de façon indifférenciée à tous les lycées ? Il y a là une négation des carences éducatives spécifiques que vivent certains jeunes, souvent scolarisés dans l’enseignement professionnel.

L’autre priorité du quinquennat était la lutte contre les inégalités sociales. Or, l’École, à travers la réussite scolaire, est justement un des meilleurs outils de lutte contre ce fléau. Pire, ces suppressions de postes frappent particulièrement des établissements techniques et professionnels, scolarisant des élèves issus de milieux populaires. Des élèves qui, au vu des difficultés qu’ils rencontrent, ont justement besoin de soutien et d’accompagnement dans leurs apprentissages. Tout cela nécessite des moyens humains, des enseignants, des CPE   et les baisses d’effectifs à la marge, en lycée professionnels et technologiques, ne peuvent justifier cette vague de suppression qui cible, qui stigmatise certains établissements et certaines filières.

Nous sommes en colère : l’Éducation nationale ne sort pas de sa logique comptable. Elle reste sourde aux besoins pédagogiques du terrain : des classes moins chargées et du temps pour les équipes !


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