Prise de parole Solidaires - manifestations du 12/09/17

mardi 12 septembre 2017

Les capitalistes s’acharnent avec toujours plus de vigueur à arracher nos droits et nos conquêtes sociales. Partout dans le monde, l’accaparement des profits, des inégalités sociales de plus en plus fortes, des services publics attaqués et dénigrés. 

Face à cette situation sociale explosive, la colère gronde et les gouvernements répondent par la violence aux mouvements sociaux.

Violence physique. En témoignent les nombreux blessés que ça soit lors des manifestations contre la loi travail en 2016 ou à Bure cet été.
Et violence symbolique avec ce contexte de mesures qui attaquent les salariés les plus précaires, les travailleurs privés d’emplois, les jeunes : baisse des APL, licenciement de 166 000 emplois en contrats aidés,

Et le gouvernement MACRON-PHILIPPE a déjà annoncé d’autres mesures contre les salariés : remise en cause de l’assurance chômage, poursuite des suppressions d’emplois dans la Fonction publique et blocage des salaires, hausse de la CSG, attaques contre la sécurité sociale et les retraites !

Une pensée particulière pour le service public de l’information, dont nous avons appris hier qu’il sera démembré de son journal local France 3 Iroise, qui sera purement et simplement liquidé au 1er janvier prochain.

Et avec la loi Travail, et ses ordonnances estivales. Désormais, selon le bon vouloir des patrons couverts par le chantage à l’ emploi, des accords locaux pourront décider de la durée du temps de travail, du montant du salaire et des primes ou de la possibilité de licencier.

C’est 110 ans d’histoire qui sont en jeu. Notre pays a séparé le ministère de l’économie d’un coté et le ministère du travail de l’autre en 1906. Ce fut un grand progrès historique : car il s’agissait de dire que le droit du travail devait échapper aux exigences sans cesse plus avides de l’économie capitaliste.

Aujourd’hui, c’est bien pire, ce ne sont plus les coups de grisou qui tuent mais les AVC , les arrêts cardiaques : ils font 250 000 morts par an et la moitié est imputable au travail. L’amiante a fait autour de 100 000 morts en 30 ans. Il y a 600 accidents mortels par an, 700 suicides liés au travail, 650 000 accidents du travail par an, et plus de 6 millions de privés d’emploi. Et le code du travail c’est la protection n° 1 des droits de l’Homme au travail.

Le code du travail exprime cent ans de luttes et de larmes, de sueur et de sang. Et personne ne peut croire qu’il soit « trop gros » ou encore moins « illisible ».

2 points emblématiques dans cette nouvelle loi travail :

  • la facilitation des licenciements, individuels et collectifs.
  • la remise en cause de la hiérarchie des normes : sur le temps de travail, sur les questions de rémunération, de santé au travail, de mobilité : les choses vont désormais se décider à l’échelle de l’entreprise, on va vers un dumping social généralisé

A travers des 2 exemples, la même philosophie : « Le Code du travail serait la cause du chômage ».
c’est une musique bien connue que les patrons nous jouent depuis trop longtemps
Et depuis 30 ans, ils ont de plus en plus l’oreille des politiques : 1986 : fin de l’autorisation administrative de licenciement, puis les lois Fillon en 2004 puis Borloo en 2005 pour affaiblir les droits des salariés, les exonérations fiscales de Sarko en 2007, les lois Rebsamen en 2015 pour finir par El Khomeri en 2016.
Sauf qu’on a jamais vu les chiffres du chômage baisser à la suite des lois antisociales, jamais alors que le Code du travail lui n’a cessé d’être raboté.

Par contre, on voit les profits indécents du CAC 40 augmenter un peu plus chaque année, on bat un record historique cette année avec 100 milliards d’euros ! 100 milliards d’euros qui tombent dans les poches des actionnaires du CAC40 grace au travail des salariés. Mais finalement, ce sont eux « les fainéants, les cyniques, les extrêmes" !!

En Europe, depuis la crise de 2008, de plus en plus de salariés sont sortis des conventions collectives. C’est moins de protection, des salaires en baisse, des chômeurs moins indemnisé-es et l’accroissement du nombre des travailleurs pauvres avec les conséquences sur la santé et le mal logement en particulier.

Il faut que la colère gronde dans ce pays.

De nouvelles manifestations sont prévues. Le 21 septembre prochain une nouvelle grève interprofessionnelle devra bloquer le pays ! Ce mouvement va s’étendre, s’approfondir, se durcir. La question de l’épreuve de force avec le pouvoir est posée. Comment donner de la puissance et de la crédibilité, non seulement à nos journées de grève, mais aussi à la perspective de grève prolongée si le gouvernement ne retire pas son projet ? Ce sont les questions qui vont, maintenant, se poser à nous.

Ils ont les milliards, mais nous sommes des millions.

Dans la rue, par la grève, par la préparation du blocage de l’activité économique, nous avons les moyens de contraindre ce gouvernement à abandonner son projet de loi. Ce sera un premier pas pour inverser le rapport de force en notre faveur et mettre un coup d’arrêt à la régression sociale et démocratique.

Dans son dernier discours quelques jours avant d’être renversé, Salvador Allende déclarait il y a 44 ans : « L’histoire est nôtre, ce sont les peuples qui la font »

Alors aujourd’hui, en 2017, nous voulons aussi faire l’histoire, et nous disons « la loi travail, à la baille » !


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