Eté meurtrier pour la formation à l’IUFM !

jeudi 10 septembre 2009

L’été est la période des coups tordus de la part des gouvernements. Luc Chatel et Valérie Pécresse en donnent une
illustration parfaite, en faisant publier le 28 juillet au Journal
officiel tous les décrets sur la masterisation des concours
enseignants.

Il faut revenir sur ces textes à la teneur très explicite pour
comprendre cette nouvelle offensive estivale contre la for-
mation initiale des enseignants.

L’article 4-1 dit que "les professeurs stagiaires accomplis-
sent un stage d’un an. Au cours de leur stage, les profes-
seurs stagiaires bénéficient d’une formation dispensée, (…),
sous la forme d’actions organisées à l’université et d’un
accompagnemen
t". De fait, les futurs lauréats du concours
auront "juridiquement" le même statut de fonctionnaire
stagiaire. Mais ils seront, dès leur réussite au concours,
"balancés" sur le terrain.

Devant la classe sans formation initiale

Darcos l’avait évoqué dans des termes très clairs : les ensei-
gnants stagiaires auront le droit pour "un tiers de l’obliga-
tion de service
" à de la "formation continue renforcée" "sous la forme d’un tutorat et d’une formation universitai-
re
". Les mots ont leur importance puisqu’on remplace la"formation professionnelle initiale" par de la "formation
continue
". L’IUFM est remplacé par l’université. Le temps
d’enseignement disciplinaire et professionnel est réduit de 7
à 3 mois. Le stagiaire n’aura plus trois périodes de stage en
responsabilité mais une classe à l’année. Le projet prévoit
des stages pendant les années de M1 (master 1ère année) et
de M2 (master 2ème année), pendant l’année de prépara-
tion au concours !!!

Même si la 2ème année à l’IUFM suscite de nombreuses
critiques, la solution est-elle d’envoyer directement en clas-
se à temps plein des collègues venant de réussir leur
concours ?

Les futurs enseignants et les équipes seront mis dans des
situations ingérables, à cause de l’absence de formation.
Débuter en classe en pratique accompagnée puis en respon-
sabilité permet aux enseignants stagiaires de prendre pro-
gressivement leurs marques dans des niveaux différents.
L’alternance IUFM/terrain permet un retour sur leur pra-
tique, ce qui participe de la construction d’un savoir-faire
professionnel.

Alors pourquoi abandonner ce principe essentiel de la for-
mation initiale ? Les raisons sont parfaitement étrangères
aux besoins professionnels des enseignants débutants.

Des économies à peine déguisées

Ces milliers de collègues nommés directement sur poste à
plein temps pendant leur année de "stage" permettront au
ministère d’économiser 15400 postes (supprimés du bud-
get de l’éducation nationale en 2010) !

Le nouveau décret programme la destruction de l’apprentis-
sage du métier d’enseignant, alors qu’il s’agit d’un métier
particulièrement complexe, pour faire des économies bud-
gétaires.

Sans parler de profonde modification sociologique du corps
enseignant. Désormais recrutés à Master 2, soit bac+5
(voire +6 car il sera difficile de préparer son concours la
même année que son M2), qui seront les étudiants et les
familles qui auront les moyens de financer de si longues
études ?

SUD éducation appelle les enseignants dans les écoles, dans
les IUFM, les formateurs, les étudiants à se mobiliser pour :
 l’abrogation des décrets du 28 juillet 2009 sur la maste-
risation des concours
 le maintien d’une formation initiale professionnelle et
rémunérée à l’IUFM
 le prolongement de la formation à deux années rémuné-
rées après le concours.


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