Orientation post-bac : inégalités et manque de moyens

jeudi 12 octobre 2023

Le rapport de juin dernier sur l’accès à l’enseignement supérieur, publié par le Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques rejoint un bon nombre d’analyses dont les nôtres.

D’abord, la place des Régions dans l’orientation (grâce à la loi de 2018 sur la liberté de choisir son avenir professionnel) est à la fois renforcée et privée de moyens. Cela génère de la sous-traitance par le privé qui s’invite à coups de salons d’orientation, de coachs ou autres start-ups. Et de très gros écarts budgétaires, à titre d’exemple la Région Auvergne-Rhône Alpes y consacre 26,5 millions d’euros quand l’Ile de France lui accorde 1,3 millions.

Ensuite, l’accompagnement individuel des lycéen-nes est très variable selon les établissements. Les personnels manquent énormément de formation sur les questions d’orientation, et seulement 30% des établissements ont désigné des professeurs référents. Les dotations aux établissements ne permettent pas de financer les 54 heures normalement allouées à l’orientation.
La plateforme Parcoursup mériterait bien "stress et angoisse" en sous-titre ! 30 000 bacheliers, soit 5% des candidats, n’ont obtenu aucune proposition en 2022. Les rapporteurs soulignent les difficultés des réorientés sur la plateforme et le fait que les quotas de boursiers n’ont aucun effet. La question des capacités d’accueil est bien identifiée comme un élément générant de fortes inégalités et le rapport va même jusqu’à souligner que Parcoursup est une vitrine pour les formations privées dont on peut questionner la qualité.

Il est pour nous clair que le travail sur l’orientation ne peut primer sur celui des conditions d’apprentissage, que questionner le choix des élèves et des familles est plus commode que questionner les effets du rôle des institutions dans les apprentissages. De même le fait d’individualiser les enjeux sans prioriser la question de la formation des enseignants dans la formation des trajectoires inégales des élèves ne peut suffire.
Nous nous opposons à l’approche néo-libérale des trajectoires scolaires portées par ce rapport et son langage technocratique (synergies, écosystèmes d’acteurs et montées en compétences...).

Pour une Université ouverte, nous revendiquons : la gratuité de l’enseignement supérieur pour tous et toutes, la fin de la sélection via Parcoursup et Monmaster, l’embauche rapide de plus de 50 000 personnels enseignants et administratifs titulaires, la construction de 10 universités et la réquisition de locaux vides pour permettre des conditions d’étude et de travail décentes, l’augmentation du nombre d’heures de formation initiale et continue sur les problématiques d’évaluation et d’inégalités scolaires.

Pour une école émancipatrice, polytechnique et polyvalente et sans hiérarchisation des filières !


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