Innovation pégagogique en temps de Covid : L’école en "démerdenciel"

samedi 28 novembre 2020

Journal novembre 2020

 [Actualité] : Budget 2020 et augmentations salariales : "Vendeur de vent"
 [Personnels] : Violences sexistes et sexuelles au travail : Stop !
 [Actualité] : Criminalisation des élèves : Quid du rôle de l’école ?


Édito

Alors que l’ heure serait à la prise de mesures fortes pour protéger l’ ensemble des salarié.e.s, des élèves et de leur famille, il est scandaleux de constater que le pouvoir se contente de protocoles sanitaires nullement accompagnés des moyens souhaités. Pour ne pas toucher aux grands intérêts économiques, le confinement automnal se traduit surtout, pour la majorité des salarié.e.s, par un couvre feu social et culturel. Les protocoles sanitaires dans nos établissements exigeraient que les moyens soient à la hauteur de la situation : des recrutements d’ enseignants.e.s , d’ assistant.e.s d’éducation, d’ accompagnant.e.s d’ élèves en situation de handicap, de personnel médico-social, d’ agents d’entretien. Puisque les moyens font défaut, "ce sont les textes qui posent problème" pour Blanquer. Celui-ci renvoie leur application à la responsabilité locale au lieu d’ ajuster les moyens aux fins recherchées dans un spectaculaire exercice de mauvaise foi. Le leitmotiv “ dans la mesure du possible” sonne comme un total aveu d’ impuissance.

Des rentrées catastrophiques

Après deux mois de fermeture des établissements scolaires au printemps, les études montrent combien le confinement a creusé les inégalités sociales. Alors que l’Éducation nationale a été durement impactée dans ses fondements par l’impossibilité d’ un suivi éducatif, rien n’a été fait pour éviter de réitérer cette expérience funeste. Aucun recrutement significatif, aucun plan de construction ou de réquisition de locaux, aucun investissement, aucun aménagement des programmes pour les classes à examens qui n’ ont pas fait une année complète précédemment !

Seul.e.s face à la pandémie

En juin dernier, Blanquer promettait que " si le virus était toujours là à la rentrée, il y aurait toujours la règle des groupes restreints, ce qui est d’ ailleurs favorable pédagogiquement". A la rentrée, il chantait encore partout que " tout [était] prêt". Arrivé.e.s en novembre, nous avons du mal à voir la différence avec le confinement du printemps. Quand le rétablissement du jour de carence décourage les collègues en méforme de prendre un arrêt de travail, quand les cas contacts ne sont pas signalés systématiquement dans les établissements, quand les tests d’élèves ne sont pas systématiques lorsque des cas apparaissent dans des classes, on court à la catastrophe ! Cédant aux mouvements de blocage des lycéen.ne.s et aux grèves sporadiques des enseignant.e.s, le ministre a fini par lâcher du lest : certaines classes chargées en lycée ont été dédoublées. Ceci dit, toutes les questions ne sont pas réglées puisque si les épreuves du bac de 1ère repassent bien en contrôle continu, celles de spécialité en Terminale sont maintenues en mars. C’ est une aberration. Qui peut dire où nous en serons dans les programmes en mars ? Et surtout où en sera la situation sanitaire ? Voilà un entêtement ministériel qui va générer un stress bien inutile pour élèves et enseignant.e.s.

Collèges et écoles primaires ne sont pas la garderie du Medef !

En collège et dans le primaire, la situation n’est pas plus enviable. La promiscuité avec des effectifs souvent supérieurs à 25 dans les classes exiguës, le brassage dans les couloirs au moment des récréations et les conditions de prise des repas le midi font des écoles de véritables foyers de contamination. Qu’on ne vienne pas nous dire que les enfants ne sont pas contaminants, ou nous n’exigerions pas d’eux qu’ils portent le masque dès 6 ans, avec toutes les contraintes que cela impose. Le confinement scolaire de l’an passé aura considérablement creusé les inégalités. Tou·te·s les élèves, toutes les familles ne partent pas sur un pied d’égalité face aux difficultés de l’enseignement à distance. Une nouvelle fermeture complète des écoles serait terrible. Pour l’éviter et garder les élèves dans nos classes, nous exigeons que l’on puisse travailler en demi groupe. Cette scolarisation à mi-temps ne doit pas occasionner de travail supplémentaire pour les personnels, en particulier pas à travers du travail en distanciel. Les programmes doivent être allégés pour tenir compte de cette situation exceptionnelle. Charge à l’ État de recruter des personnels pour assurer la garde des élèves les plus jeunes lorsqu’ils ne seront pas en classe. Voilà qui participerait à permettre à ces néo-diplômé.e.s d’ entrer dans le monde du travail. Il n’a jamais été autant nécessaire de rappeler nos sempiternelles revendications : 20 élèves par classe, dans des salles qui ne font pas la taille d’un placard à balais ! Par ailleurs, nous comprenons mal de voir nombre de DASEN et d’IEN culpabiliser les collègues en incriminant des négligences pendant les pauses repas, la non-anticipation de l’attribution de matériel pédagogique ou d’un cadrage réglementaire de l’enseignement à distance en cas de fermetures éventuelles à des échelles larges.

« On est prêt » : vraiment ?

Jamais auparavant les enseignant·e·s n’ avaient tenu les apprentissages à bout de bras et avec des moyens à ce point dérisoires. Jamais la nécessité de débattre des meilleures manières d’assurer la continuité des apprentissages dans le respect des statuts et des conditions de travail ne s’était faite sentir avec une telle urgence. Blanquer a-t-il déjà eu la responsabilité d’ élèves ? Plutôt que de s’abandonner au confort du déni, de tout renvoyer à la responsabilité individuelle, plutôt que de laisser les directions se permettre de formuler des appréciations particulières sur l’ampleur du problème dans leurs établissements, le ministre ferait bien de s’informer sur les conditions pratiques de l’exercice de nos missions. Nous appelons les personnels à s’ organiser dans leurs établissements pour faire imposer au plus haut niveau ces mesures essentielles et à nous faire suivre toutes les difficultés rencontrées localement. « On est prêt » disait le ministre en août ? Répondons-lui « On est là ». Ici et maintenant !


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